1 an de freelance : un bilan, ma réalité

En novembre 2014, j’ai fêté (enfin je m’en suis souvenue 3 jours après et j’ai eu une pensée émue) la 1ère année de mon statut de freelance. Un statut qui est toujours celui de l’accompagnement par une couveuse, un système qui ressemble grosso modo au portage salarial. Ca me convient et je bénéficie ainsi d’un réseau, d’un petit catalogue de formations courtes utiles au développement de ma jeune activité et je suis dégagée des questions de trésorerie pour l’instant.

Un lieu : l’espace de coworking

Mais en vrai, mon gros atout réseau jusque là, c’est mon espace de coworking lyonnais : La Cordée ! Un endroit dont je ne pourrais plus me passer. C’est autant un cadre de travail qu’un lieu d’émulation, de partage, de création de liens et de partenariats, de bonne humeur et de nombreuses blagues. Quitte à avoir l’air mièvre, je vous dirais que c’est presque une autre famille. Parce qu’on se connaît bien, qu’on prend vraiment plaisir à retrouver certaines personnes à chaque fois qu’on y va, qu’on s’entraide notamment quand on travaille sur des thématiques proches – mais pas que.

Alors 2 à 3 jours par semaine, exit l’isolement du travail à la maison et la tentation de gérer les tâches domestiques : je prends mon carnet, mon crayon et mon PC et je vais retrouver mes sympathiques « collègues » !

Ce qui est amusant, c’est qu’en me mettant à mon compte, je voulais aussi m’économiser du temps de trajet quotidien et éviter de devoir accepter un job à perpèt en passant 2h par jour dans ma voiture. Finalement, aller sur Lyon, ça représente quand même de la route en venant de ma campagne mais l’avantage, c’est que je choisis mes horaires donc j’ai appris à éviter les bouchons. Et pour ne pas faire des journées trop riquiquis non plus, j’ai peu à peu peaufiné mon organisation…

La répartition temps de travail / temps perso

(fréquemment appelée conciliation vie privée / vie professionnelle)

Voilà ma grande fierté : à part débarrasser le petit-dèj quand je pars la dernière le matin et éventuellement lancer une machine à laver, je m’arrête là. J’arrive peu à peu à me discipliner pour compartimenter les tâches sur des créneaux horaire de travail (à peu près) définis. Puis j’emporte mon thé dans mon bureau pour me mettre au boulot… ou bien je le bois (froid) d’une traite avant de partir.

brouillard sur sommet montagneux

Parfois, on a la tête comme ça en début de journée…

Les enfants malades

En me mettant à mon compte, j’étais enchantée à l’idée de ne plus avoir de comptes à rendre sur mes plus ou moins fréquentes absences dues à des enfants malades. Ca marche, c’est merveilleux, je n’ai qu’à me mettre d’accord avec moi-même et hop, ni une ni deux, j’arrête tout et je pars chercher l’Iroquoise fiévreuse à la crèche. Ca tombe bien, il est 9h30, j’avais presque avancé dis donc.

En vrai, le hic est le suivant : avant, j’étais mal à l’aise vis à vis de mon employeur (et dépitée à l’idée de devoir rattraper des heures à l’arrache ou prendre, souvent, un congé sans solde) mais je le faisais l’esprit libre parce que concrètement, rien ne me retenait à mon poste (ni échéance pressante, ni intérêt démesuré). Aujourd’hui, sauf rendez-vous impératif, il n’y a pas d’empêchement particulier à ce que je récupère mon enfant à la maison quand il le faut. Mais j’ai fréquemment des échéances plutôt courtes et surtout, j’aime tellement ce que je fais que ça m’embête beaucoooooup plus qu’avant de devoir repousser et de perdre ce réjouissant espace de liberté et d’épanouissement.

D’autant plus que depuis décembre, la problématique enfant malade est tellement récurrente (contrairement à mes clients) que ça en devient crispant.

Pour les enfants malades, nous essayons de gérer cela en alternance avec Monsieur Sioux mais évidemment, quand il faut aller à la crèche au pied levé, c’est souvent sur moi que ça tombe. Lui, il prend plutôt un jour quand il peut le planifier un minimum… Et quand ça coince pour moi aussi, la solution miracle, ce sont les grands-parents ! Beaucoup plus mis à contribution que quand j’étais salariée, paradoxalement. Ils ont 1h30 à 2h de route mais ils sont tous prêts à se rendre disponibles pour nous aider et ça, c’est énorme.

La dernière fois tout de même, début janvier, y’a eu une discussion un peu tendue avec Mr Sioux sur les impossibilités de chacun et je pense qu’on a un peu avancé sur la question de la répartition des impératifs enfants malades, pour l’avenir.

Les horaires

Dans la mesure où c’est moi qui récupère les enfants à l’école et chez la nounou, c’est assez vite vu côté horaires.

Mais j’ai peu à peu réussi à me convaincre que même si mon statut rend mon emploi du temps extrêmement flexible, je pouvais m’autoriser des plages de travail tardives. Parce qu’on est productif de façon différente en fin de journée et que ça libère l’esprit de travailler sans trop regarder l’horloge ni penser aux enfants à récupérer, à ce qu’on va faire à manger, etc. Donc une fois par semaine (et plus suivant impératifs), Mr Sioux part tôt et c’est moi qui peux rentrer tard, regarder le jour se coucher par les grandes fenêtres de l’espace de coworking, savourer l’ambiance de travail très concentrée de toute fin de journée et me sentir liiiiiiibre, d’une certaine façon…

Le développement de l’activité

Ahah. La pierre angulaire.

Je ne m’étendrai pas mais en gros, la difficulté n°1, c’est de trouver des missions récurrentes, pour s’assurer un revenu minimal sans angoisser tous les mois. Ensuite, c’est d’arriver à se faire payer un juste prix (celui qui te permet de vivre en gros) – et parfois à se faire payer tout court mais *croisons les doigts*, si on n’est pas trop regardant sur les délais, je n’ai pas encore eu trop à me plaindre là-dessus.

Mon constat, pas très étonnant, c’est que le réseau est l’atout majeur pour décrocher des missions. Et bien entendu, les clients satisfaits qui te recommandent. Mais tout prend du temps : les remontées des activités de prospection, le déroulé des missions (même si au départ, le client était super pressé !), la finalisation de certains partenariats…

Il faut être proactif en permanence et ça, c’est pas évident quand tu as une personnalité plutôt discrète. Bref, je me donne jusqu’à fin 2015 pour voir comment les choses évoluent. Parce qu’après, financièrement, il va falloir sérieusement repenser la question sinon…

soleil au dessus des nuages, vue d'avion

On attend l’éclaircie…

Le développement personnel

Je crois qu’être seul maître à bord, c’est une chance tout autant qu’un challenge sans borne (ouh la belle lapalissade). A travers tous les accompagnements dont j’ai bénéficié (non non, je n’en suis pas arrivée à cette pseudo-organisation et à ce presque résultat par la seule force de mon merveilleux sens de priorités et d’une efficience inouie en chaque chose) et toutes les rencontres que j’ai faites, j’ai pu évoluer, me retrouver face à des démarches vraiment pas toujours évidentes. Je me suis fait violence (pas encore suffisamment mais je vois bien que les choses évoluent à leur rythme, ça viendra), je me suis recentrée, j’ai modifié (mes prestas, ma présentation, mon estimation de mes compétences, etc), j’ai espéré.

Comme je suis un peu exigeante avec moi-même (enfin c’est ce qu’on me dit), je vois surtout l’ampleur de ce qu’il reste à faire…

Ma plus grande difficulté, c’est la prospection – je freine des 4 fers à l’idée de devoir passer des coups de fil et quand je le fais, je perds tellement de litres de sueur qu’il me faut 10 jours pour me réhydrater ensuite (ou presque). [Mais grâce à Sandrine, ça va peut-être changer. Suspense…]

Les autres difficultés, ce sont celles inhérentes à mon cerveau (récemment évoquées) : la concentration, le haut degré de distractibilité, la capacité à se tenir à un planning, …

***

J’ai écrit ce billet fin janvier, j’étais encore pleine d’allant.

Puis Pôle Emploi m’a envoyé une merveilleuse convocation me réclamant l’intégralité de plusieurs mois d’allocation chômage, soit près de 10 000€. Depuis et en attendant de tirer ça au clair, je dois dire que je suis relativement préoccupée. Ca me désole (ça m’écœure, ça me révolte, ça me bouffe plus exactement) de gérer un litige pareil alors que c’est déjà pas simple de faire rentrer de l’argent tous les mois. Ca me donnerait presque envie de jeter l’éponge.

J’espère revenir bientôt avec de meilleures nouvelles…

***

Mais si vous avez besoin d’optimisme, de vous retourner fièrement sur le chemin parcouru, de croire en tout ce que notre pays peut offrir aux entrepreneurs motivés ou encore de voir grandir en l’espace d’une lecture de billet votre force de conviction, je vous conseille vivement d’aller lire ma copine Marie Grain de Sel. Des articles tels que Le Nobel de la France optimiste, Si tu prends la décision de vouloir ce que tu auras ou encore, Entrepreneuriat : les jours « avec » et les jours « sans » devraient vous faire le plus grand bien – et à défaut, vous vous marrez un peu.

 ***

See you !

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8 réflexions sur “1 an de freelance : un bilan, ma réalité”

  1. Je t’admire ainsi que toutes les personnes qui sautent le pas de devenir auto-entrepreneur car je pense que j’angoisserai côté financier.
    Mais en même temps, le coworking, choisir ses horaires, gérer son temps, ne pas avoir d’employeur, rencontrer de nouveaux clients (donc nouvelles têtes) ça a un côté très sympa qui me conviendrai très bien.
    J’espère de tout cœur que Pôle emploi va revenir sur sa décision !!!
    Bises
    PS: alors ton papa content de son cadeau ?

    • J’ai des éléments plus clairs pour Pôle Emploi oui, ça va juste prendre un peu de temps pour arranger les choses.
      Moi aussi je flippe sur le côté financier. On verra bien, faut juste que j’arrive à aller au bout de la démarche… en démarchant justement 😉
      Mon papa n’a pas montré une réaction de joie démesurée mais oui, je pense que ça lui plaisait.
      Des bises à toi !

    • J’ai eu des éléments pour comprendre la situation donc je suis soulagée. Maintenant, il y a quand même matière à agir mais c’est plus apaisant quand on comprend d’où vient le problème 😉

  2. J’ai beaucoup aimé lire ton bilan 🙂 Ma petite boite va fêter sa 4ème année mais je dois avouer que les 2 dernières ont été très « molles » car j’ai repris un cdi à temps partiel pour pouvoir acheter une maison et j’ai eu un bébé. Heureusement, j’ai quelques clients fidèles qui me permettent de faire tourner ça tranquillement.
    Gros coup dur pour Pôle Emploi :/ J’imagine qu’ils te réclament le remboursement des aides. Tu avais choisi le capital ou le maintien des allocations ? J’ai du me battre avec eux pendant un moment alors je te souhaite bon courage !!

    • Bon, ça me rassure un peu si les 2 premières années sont un peu dures pour tout le monde…
      Oui, ils me réclament le remboursement des aides sur une période donnée parce que mon statut d’alors n’était pas compatible selon eux… ce qui est faux mais ça va m’occuper de gérer la procédure (youhou). Je n’ai pas pris l’ACRE, je bénéficie d’un dispositif moins connu (mais ouvert à tous !) où je suis portée par une couveuse (donc pas d’entreprise à créer pour l’instant, le temps de tester la viabilité) et j’ai signé avec un elle un Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise (CAPE).
      Tu es dans quel domaine toi ?

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