« Elle est née une demi-heure après », il y a 2 ans

– Elle est née à quelle heure déjà l’Iroquoise ? 18h… non ? me demande hier ma belle-mère

– Heu… 18h… non, on était arrivés à quelle heure déjà…

Mes deux enfants sont nés à des horaires assez proches (à 2 ans d’écart, bien entendu) et il me faut toujours un effort de mémoire pour restituer à chacun son heure de venue au monde.

– Elle est née à 17h50.

Ma belle-mère réfléchit tout haut à l’heure du début de travail. Je conclus en disant qu’elle est née une demi-heure après notre arrivée à la maternité.

– Ca devait être le branle-bas de combat !

– Non, ça allait. Ma sage-femme nous attendait, elle avait tout préparé…

C’est l’avantage de l’accompagnement global et du plateau technique, aurais-je pu ajouter.

Je n’avais pas eu le temps, depuis le matin, de me remémorer particulièrement les circonstances de la venue au monde de mon Iroquoise, 2 ans plus tôt. Anniversaire ou pas – ou a fortiori avec un tel évènement à préparer et en recevant quelques personnes, même de façon très simple – les journées avec enfants en bas âge laissent peu de temps à la rêverie.

Pourtant, je n’aurais pu rêver petite fille plus merveilleuse. Est-ce le contexte de sa naissance qui en a fait une enfant à la fois si sereine et si déterminée ? A-t-elle puisé son incroyable énergie dans la volonté qu’elle a mise à naître ce jour-là, soumettant mon corps à des vagues de contractions aussi fortes qu’efficaces ? Est-ce sa place de deuxième qui l’a poussée à ne jamais en perdre une miette, à prendre le sein vigoureusement et à faire entendre sa voix, dans des litanies parfois répétitives, comme pour rappeler que si elle ne nous étourdit pas de conversations, elle n’en a pas moins des choses à dire, qu’elle n’a pas toujours envie d’être l’enfant facile et paisible.

Est-ce qu’avoir un grand frère si attentionné – peut-être même un peu étouffant parfois, de notre point de vue – comme guide lui fait entrevoir le monde avec un œil à la fois moins naïf et plus aguerri ? En tous cas, avec Pti Tonique et sa logorrhée habituelle, elle obtient sûrement beaucoup de réponses avant même d’avoir songé à poser la question !

***

Mon Iroquoise,

il faudrait que je dise que ce surnom est un peu galvaudé aujourd’hui. Tes cheveux bruns et hirsutes de naissance ont laissé la place à de magnifiques cheveux blonds, si fins, qui forment des anglaises dans ton cou et poussent si vite, lorsqu’on regarde les photos d’il y a quelques mois à peine.

iroquoise 2 ans profil

On se câline, beaucoup. Et j’aime ça. Tu es une réserve de douceur et d’amour brut. S’il t’arrive, à l’occasion d’un câlin, de passer tes petits bras potelés autour de mon cou, je sais que fondra alors tout l’agacement d’une difficile soirée d’endormissement, à la faveur de cette douce proximité, que je m’enjoindrai mentalement à savourer, tant que tu en as besoin et envie.

On bisouille tes joues rondes et moelleuses, on s’émeut de tes mots et de tes prononciations avec la bouche en cul de poule… cette petite bouche toujours accompagnée de la moue parfaite pour te rendre encore plus craquante si cela était possible. Et lorsque tu y ajoutes tes sourcils savamment froncés, avec ta mine faussement préoccupée, nos rires ne sont plus très loin.

Car de l’humour, tu en as à revendre. Tu as fait tienne l’expression « je rigole » que nous employions parfois : tu amorces un geste défendu – ton regard intense planté dans le nôtre -, tu dis quelque chose d’incongru et face à notre réaction ou à notre perplexité, tu t’exclames alors « iiigoooooye !!!! ». Ta prononciation attendrissante de deuzan en a fait l’expression mascotte de toute la famille, à commencer par tes grands-parents maternels, encore plus fondus depuis qu’ils t’ont gardée une semaine début juillet.

On joue, on fait semblant de dormir et tu t’approches… puis tu nous fais la sirène made in Iroquoise dans l’oreille : « wawawèwawè », explosée de rire. On ouvre les yeux en sursautant et on rit autant de ta joie que d’admirer ton petit visage mutin tout prêt du nôtre, à croquer !

Tu restes curieuse de tout, sans appréhension aucune lorsqu’il s’agit de goûter un plat, un fruit, quoique ce soit qui passe sous tes yeux. D’ailleurs, il vaut mieux ne rien laisser traîner entre les repas car je me demande parfois si tu connais le sentiment de satiété !!

Ta démarche est unique, aussi nonchalante que comique. Elle illustre bien ton tempérament tantôt fonceur et brut de décoffrage, tantôt bébé qui aime retrouver le creux des bras de sa maman et y rester, enveloppée dans sa serviette à la sortie du bain. Tes grands yeux qui semblent m’observer pour la première fois, tandis que je dépose un baiser sur ton petit nez humide.

Tu me parais si grande, parfois. Quand il fait chaud et que je te vois jouer en couche, ton petit corps encore plein de rondeurs mais aussi de plus en plus élancé ; cette impression renforcée lorsque tu sors du bain et que ta chevelure mouillée me semble si longue dans ton dos.

Depuis que tu as (presque) cessé de te réveiller la nuit, tu es très matinale. A 5h, après ton biberon, on peut espérer que tu te rendormes. A partir de 5h45, ça devient délicat. Passé 6h, on sait que c’est cuit. On tente bien de te montrer l’exemple en te recouchant avec nous dans notre lit mais c’est peine perdue : tu as la bougeotte, tu cherches avec quoi t’amuser et si rien ne te passe sous la main, alors celle-ci atterrit sur notre visage tandis que tu t’esclaffes. Tu es un sacré pitre, il faut le savoir. Et dès que l’on ouvre les yeux, malgré la fatigue et l’agacement, nous n’avons qu’une envie en te regardant : te sourire et t’embrasser.

Tu es un imparable rayon de soleil.

Et puis hier, tu as eu 2 ans. L’âge que je te prête depuis quelques temps, ayant oublié de compter les 22 et 23 mois parce que finalement, c’était plus pratique comme ça.

Je te souhaite de garder longtemps cette joie et cet appétit de vivre qui t’animent et qui rendent ton entourage si joyeux en ta présence.

Très bel anniversaire mon Iroquoise.

gateau anniversaire 2 ans

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9 réflexions sur “« Elle est née une demi-heure après », il y a 2 ans”

  1. Joyeux anniversaire à ta Puce! Elle nous font fondre ces petites minettes pas vrai, si comiques et attendrissantes, et tellement charmeuses… ♥

  2. Très belle plume et mots choisis font de ce billet un billet…émouvant !
    Bravo à toi pour construire ces beaux souvenirs. Ma deuz’ suit la tienne à trois mois près et cela me fait prendre conscience que 2 ans…C’est long et court à la fois… Je veux dire par là qu’heureusement qu’ils grandissent (acquièrent langage, autonomie, connaissances etc)… mais qu’au fond, j’aimerais toujours arriver à garder une partie d’eux « nourrisson » au creux de moi. Ne pas l’oublier. Ne pas m’en déconnecter…
    Le gâteau avait l’air délicieux !

    • Je te remercie pour ce commentaire tout doux.
      J’aimerais aussi, peut-être parce que c’est la dernière pour l’instant, garder encore un peu le côté « bébé » de ma petite fille. Mais elle a le tempérament nécessaire pour jongler entre les deux : affirmation de tout ce qu’elle veut faire seule et moments câlins où elle demande à faire « le bébé », être portée, etc.
      (Un simple gâteau au yaourt agrémenté de pommes puis nappé de chocolat, LE détail qui fait toute la gourmandise de la chose 🙂 )

  3. Happy Birthday en retard, je prends enfin le temps de lire ton article.
    Plein de belles choses encore à venir pour blondinette !!

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