4 mois

Ton minois est à présent si familier. Suffisamment pour que je puisse douter de parvenir à le différencier de tes frère et sœur sur des photos d’eux bébés dans quelques années (je me demande d’ailleurs si je suis la seule à avoir cette impression de tellement connaître leurs visages qu’ils se mélangent dans mon cœur et mes souvenirs de parent).

Te regarder procure un sentiment de retour au port, de lâcher prise instantané face aux sourires qui avalent tout pour mieux distribuer du soleil en rayons. Ton front est bombé et ne paraît jamais si grand que sur les photos. Tes yeux vifs, marines et attentifs ne seront jamais aussi beaux sur écran ou papier glacé que lorsqu’ils me regardent en pétillant.

Tu as doublé ton poids de naissance. Tu viens de passer des jours à faire des « pfffttt » avec ta bouche en rigolant comme si tu nous faisais déjà des blagues. Ayant déjà vu grandir mes autres petits avant toi, voir s’éveiller en toi les compétences progressives et si rapides du nouveau-né bien portant me paraît à la fois universel et tellement unique. Parce que c’est toi et que tu es fascinante dans toute ton existence.

Tu commences à être effrayée par certains bruits ou sons humains graves et tu sursautes ou hurles alors soudainement l’air terrorisé. Tu contractes tes abdominaux et cherches sans arrêt à te redresser et à être la plus assise possible (dans ta chaise, sur nos genoux). Tout ce qui passe à ta portée t’intéresse – ce qui peut d’ailleurs occasionner quelques incidents quand on a oublié combien tu grandissais – et tu commences à accrocher tes pieds.

Mon corps est moulu par nos nuits, la chaleur et l’épuisement. Pourtant, il paraît que mon visage n’en porte pas trop les marques. Je ne sais si c’est à prendre ou à laisser. Parfois, le matin, je pleure quand je constate les douleurs et l’épuisement dès le réveil.

J’ai du mal à réaliser que tu feras connaissance avec les SuperNounous dans peu de temps, que tu ne seras plus seulement mienne la journée – tout en nourrissant le secret espoir que tu y apprennes à t’endormir seule et que ces respirations, à défaut de sommeil, m’aident à tenir le rythme.

Quand je n’ai pas été près de toi pendant 2 ou 3h, je te (re)trouve alors immense. C’est vrai que tu es un beau bébé : grande, dodue et moelleuse, pleine de vie et d’appétit, d’humeur égale, tu sembles déjà avoir une telle joie de vivre que j’en suis admirative.

De leur côté, ton frère et ta sœur ont enfin retrouvé une entente normale, où la complicité dure plus longtemps que les chamailleries. Au bout de 3 semaines, les vacances et la vie à 5 commencent enfin à produire leurs effets. Qu’en sera-t-il après la reprise de papa ? Je me demande ce que nous réserve le mois d’août…

***

Etre mère, c’est toujours aussi doux et aussi dur. Prêter son corps à 200% pendant ce temps si bref dans l’absolu mais si intense, dévorer celui de son bébé de baisers et d’étreintes animales, savourer l’intensité des regards qui nous lient et des expressions, s’émouvoir devant les moues tantôt abandonnées, tantôt avides de la minuscule bouche rosée, caresser les courbes rebondies de ce petit corps si vivant, avoir le cœur près d’exploser à l’idée de cette chance inouïe – un enfant, en bonne santé et heureux, qui grandit harmonieusement sous nos yeux.

4 mois

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