Après la nuit que je viens de passer

Après la nuit que je viens de passer, je passe la journée à redouter l’appel de la nounou qui me demanderait de venir récupérer ma fille, malade, plus tôt. Et je m’en veux de me sentir si en rejet par rapport à elle – ce bébé magnifique, souriant mais hurleur et ne sachant pas dormir seule plus de 2h.

Après la nuit que je viens de passer, je redoute (réellement, pour la première fois je crois) d’aller chercher mes enfants ce soir, j’aimerais pouvoir repousser la pendule, arrêter les aiguilles et prendre le temps de me ressaisir.

Après la nuit que je viens de passer, je m’en veux et en même temps, je sens que je risque de réagir de plus en plus mal à ce manque de sommeil suivi – l’ultime torture, qui m’aurait déjà fait avouer les pires crimes s’il en avait été question.

Après la nuit que je viens de passer, j’aimerais faire un bond immense jusqu’à mercredi prochain et que la somatopathe que j’emmène l’Iroquoise voir soit un être magique qui résoudrait tous NOS problèmes de sommeil en l’espace d’1/2h et quelques mots.

Après la nuit que je viens de passer, la perspective de la semaine prochaine seule avec mes enfants tombe plus mal que jamais.

Après la nuit que je viens de passer, je me sens mal. Mal, mal.

Et je sais que je ne suis pas la seule. Le problème, quand on est déjà deux à se lever et se mobiliser, c’est qu’on finit par être usés en même temps et alors… qui peut prendre la relève ?

Laisser pleurer oui… mais ça me ronge autant et me rend au moins aussi mauvaise que d’agir. Dans ce cas-là, je lui en veux de crier sans discontinuer, sans comprendre le message que j’essaie de lui faire passer : « Maintenant, il FAUT que tu lâches prise, il FAUT que tu dormes. PITIE ! ».

Après la nuit que je viens de passer, je sens que je commence à voir les choses de façon plus en plus sombre, je sens que le craquage, l’ultime, n’est pas loin. Je ne sais plus ce que nous pouvons faire pour l’éviter. Et pourtant, c’est bien le dernier de mes souhaits.

Je voudrais trouver la solution en moi. Je voudrais remonter la pente par moi-même. Je voudrais qu’il puisse être sereinement envisageable pour une mère normale comme moi, de m’occuper de mes 2 enfants, seule, pendant 5 jours.

Je ne comprends pas comment on a pu en arriver là. Nous n’avons toujours agi que par empathie, amour et patience. Nous n’avons pas pu nous fourvoyer à ce point…

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