« Bienvenue dans le cycle de la vie »

La naissance de la mini squaw {41 sa + 1}

Dans mon dernier point pré-accouchement, j’espérais tenir ma fille dans mes bras au plus tard en fin de semaine. Elle a joué la montre mais elle est arrivée in extremis, dimanche 2 avril 2017 à 17h02, dans l’eau et dans mes bras soulagés 🙂

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Samedi, jour officiel des 41 SA, rien ne semblait annoncer sa présence. Pour l’Iroquoise, ma sage-femme m’avait prescrit des tisanes et de l’homéopathie à prendre le dernier mois avant l’accouchement, afin d’aider le corps à préparer la naissance. Cette fois-ci, nous n’avions rien prévu car les derniers mois, mon corps semblait cheminer naturellement et à un bon rythme. Aussi, le matin de ce samedi, n’ayant aucune contraction pouvant annoncer un pré-travail et étant toujours un peu inquiète à l’idée d’un déclenchement quand le terme approche, je décidais d’aller m’acheter des tisanes de sauge et de framboisier. Après le passage de ma sage-femme pour la surveillance de rigueur, je me trouvais de surcroît en possession d’une huile essentielle de sauge, censée provoquer des contractions plus fortes, pouvant agir sur le col. C’est immonde à prendre, quelle que soit la technique (j’ai testé en tisane et dans une cuillère de miel) mais ça fait contracter, pas de doute.

Samedi soir, alors que je me résous à me coucher pour une nouvelle nuit d’attente, j’ai la surprise de perdre du liquide amniotique sous la douche. Pas une perte des eaux totale, mais une fissure. Tiens tiens, j’avais jamais connu ça… Il est minuit, j’appelle ma sage-femme et apprend ainsi que le délai vient alors de raccourcir. La mini squaw doit sortir dans les 24h ou je serai déclenchée. Elle me souhaite que le travail commence dans les 2 ou 3h à venir, sinon nous devrons faire le point le lendemain et moi prendre des antibiotiques pour prévenir tout risque d’infection. Je passe alors une nuit quasi blanche, préoccupée par les écoulements réguliers, passant mon temps à aller faire pipi et guettant assidûment toute contraction de travail potentielle.

Dimanche matin, nous retrouvons notre sage-femme à la maison de naissance. Au programme : monitoring, examen du col et prise d’antibiotiques. Grâce aux contractions « saugées » de la veille, le col a évolué. Nous votons pour un décollement, qui devrait accélérer le démarrage du travail et nous permet d’espérer éviter le déclenchement, qui aura sinon lieu le lundi matin. J’ai amené toutes mes affaires au cas où donc j’hésite à rester sur place mais ne sachant pas combien de temps cela prendra, nous choisissons de rentrer (pour mieux revenir vite, nous l’espérons !), d’autant que j’ai bien envie de goûter l’aïoli préparé par ma maman pour le repas de midi ^_^

En rentrant, je dois m’activer alors comme c’est jour de ménage, je commence à passer l’aspirateur. Très vite, je sens les premières douleurs de pré-travail, encore un peu espacées mais qui piquent déjà. Je dégaine mon appli pour me faire une idée plus précise de leur durée et écart : elles ont lieu toutes les 3 à 7 min et sont d’une durée variable. Je ressens surtout une douleur/gêne sous-jacente en continu, qui me fait un peu douter du début et de la fin de chaque contraction. Je demande à ce qu’on accélère le ménage et l’installation du repas car je préfère repartir sans tarder. J’appelle ma sage-femme et lui dis que nous devrions être de retour pour 14h au plus tard. Je lui confirme qu’elle peut remplir la petite piscine, je suis toujours intéressée.

Je savoure quand même mon aïoli, préparé par ma maman qui est là depuis quelques jours pour s’occuper des grands le moment venu. Les enfants me regardent bizarrement quand je me lève au cours du repas pour souffler et prendre appui sur le table le temps d’une contraction un peu plus longue et plus costaud. A 13h30, nous décollons pour de bon !

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Nous sommes donc partis à 2 en début d’après-midi ; nous étions de retour à 21h30 à 3. Les enfants avaient essayé de tenir pour voir leur sœur mais même mon fils, ayant résisté le plus longtemps, s’était finalement endormi sur son Rubik’s Cube. Ils avaient toutefois préparé de jolies œuvres pour accueillir leur sœur ainsi qu’un mot rédigé par mamie sous la dictée : « Bienvenue chez toi avec ton grand frère et ta grande sœur » mais aussi, parce qu’ils sont particulièrement fans en ce moment du Roi Lion :

« Bienvenue dans le cycle dans la vie » !

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Une naissance intense

La sage-femme nous attend pour 14h et nous avons convenu qu’elle commencerait à remplir la piscine à son arrivée. Dans la voiture, les contractions se sont faites plus espacées et restent très gérables. Le trajet, en plus d’être 2 fois plus court, est donc beaucoup plus confortable que pour la naissance de l’Iroquoise. Mais je me dis aussi que le travail doit être moins avancé pour que ce soit si « facile » à vivre.

maison de naissance

En arrivant, les contractions ayant ralenti et réduit en intensité (ou c’est ma perception maintenant que je suis sur place et donc moins stressée ?), je ne sais pas trop comment me mettre, aucune position ne me vient spontanément. Je ressens un certain inconfort et j’ai sans arrêt envie de faire pipi. Dans ma tête, je ne cesse de comparer mes ressentis à l’accouchement de l’Iroquoise pour trouver des repères mais non, décidément, ça ne colle pas et je me sens à côté de la plaque.

Lorsque la piscine est remplie, je me glisse dans l’eau très chaude. Je me sens surtout fatiguée et je somnole presque entre les contractions, tout en parlant un peu avec M. Sioux. C’est agréable mais quelque chose me dit que ce n’est pas à ce rythme que ma fille va sortir.

Au bout d’une heure, après avoir hésité par crainte d’être déçue du résultat, j’accepte la proposition de la sage-femme de vérifier l’avancée du travail. Et de fait, rien n’a bougé. Elle me propose de sortir de l’eau.

Je repasse aux toilettes pour la énième fois puis cherche une position pour m’installer sur le lit. Il est environ 15h30. Une fois encore, je suis surprise de constater que rien ne me vient spontanément. La position 4 pattes, privilégiée lors de la naissance de ma deuxième, ne me paraît pas confortable. Je sens que je ne suis pas encore « dans ma bulle », pas encore au cœur de l’événement.

Cependant, être sortie de l’eau semble efficace et les contractions s’intensifient immédiatement… à mon grand dam. Très vite, je repousse le ballon pour rester à la verticale, assise sur mes talons et la sage-femme me guide pour produire des sons efficaces. Les contractions sont rapprochées, j’ai très mal et le temps me paraît long. La sage-femme me donne une 2e dose d’antibiotiques, d’autant plus qu’elle estime que la naissance ne devrait plus tarder. Au bout d’un moment, elle me propose de retourner dans l’eau.

Cette dernière phase de l’accouchement me paraîtra particulièrement longue. A l’intensité des contractions et au douloureux désespoir qui s’empare de moi à chaque nouvelle contraction, je suppose que la naissance n’est plus très loin. Pourtant, je sens que ma fille n’est pas encore suffisamment descendue. J’espère que chaque contraction à venir soit la bonne. Depuis quelques dizaines de minutes déjà, je rêve de péridurale. Je tiens en me disant que de toutes façons, le temps d’un transfert et de trouver un anesthésiste, je subirai encore de nombreuses contractions et ma fille sera certainement née. Mes sages-femmes (la mienne et sa collègue qui l’a rejoint), guidées par mes jurons injonctions à l’attention de ma fille qui ne descend pas, m’aident à changer de position pour favoriser son passage.

Avec la fatigue de la nuit blanche précédente et je ne sais quels autres facteurs, je me sens vraiment davantage en souffrance que pour mon accouchement précédent, au contexte quasi similaire. J’ai la sensation, depuis le départ, de subir les contractions, de redouter la prochaine sans parvenir à l’accompagner vraiment.

Enfin, sur les conseils de la 2e sage-femme, j’adopte une position plus propice et je prends une minute pour me recentrer sur mon bébé (et non sur la douleur qui me déborde et me ferais presque supplier pour une césarienne). Je lui parle, posément et répétitivement : « descends, descends, descends… ».

*Magie*, à la contraction suivante, son corps décide enfin de se frayer un chemin hors du métier, m’arrachant quelques hurlements… Je me sens tellement en souffrance que je suis incapable d’accueillir sa tête avec ma main, comme je le souhaitais. Au bout de 2 contractions, ENFIN, son corps tout entier s’extrait et glisse dans l’eau, soutenu par ma sage-femme. Je ne pense alors et ne dis qu’une chose : « ça y est, ça y est !!!! ». Je m’allonge et accueille ma fille : il est 17h02.

Elle est un peu violette mais au bout de quelques secondes, elle rosit. J’apprendrai ensuite qu’elle avait un tour de cordon (plutôt lâche) autour du cou à sa sortie mais aussi qu’elle tenait l’un de ses bras replié sous son menton… Voilà qui devait effectivement quelque peu ralentir sa progression !

Elle me paraît vraiment, vraiment minuscule. Elle est calme. Elle est jolie. Et si petite !!! C’est banal mais c’est ce que je me dis vraiment à chaque fois.

3,490 kg de bébé à câliner et qui ne tarde pas à trouver où téter <3

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Au final, l’essentiel du travail n’aura duré qu’1h30. Cela m’aura clairement paru plus long, en comparant mon ressenti et les faits avec M. Sioux. Nous passerons ensuite 4h sur place en observation, à admirer notre fille, commencer à annoncer son arrivée, notamment aux aînés que nous aurons quelques minutes au téléphone. Et puis après une douche, nous replierons bagages pour rentrer chez nous, sous la pluie de ce dimanche d’avril un peu gris et à la tombée de la nuit.

naissance mini squaw

 

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2 réflexions sur “« Bienvenue dans le cycle de la vie »”

  1. Juste Whaouh ! Magnifique récit pour cet accouchement ! Autant j’ai adoré être enceinte autant, les accouchements ne sont pas ma tasse de thé (césa en urgence pour la 1ere et hémorragie par VB pour la 2nde…Du coup : 2 enfants c’est très bien :p)

    • Merci 🙂
      Alors moi, j’apprécie moyennement la grossesse et j’aime bien accoucher… même si ça a été un peu trop intense pour moi cette fois-ci (une façon pour mon corps de m’aider à ne pas avoir de regrets de m’arrêter là ?).
      Je comprends que des expériences comme les vôtres puissent faire redouter ce moment : nous ne sommes malheureusement pas toutes égales sur ce sujet suivant notre corps, la période de ie, l’environnement, les soignants que l’on a autour de soi… Mais oui, 2 enfants c’est effectivement très bien !

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