Couple parental et couple conjugal : différence et conciliation [Emission De Parents à Parents, sur Lyon 1ère]

Jeudi 30 octobre 2014, Lyon, couloir précédant l’entrée des locaux de la radio Lyon 1ère.

Accroupie avec ses notes, Karine me dit en guise de préparation à l’émission :

– Et donc toi, Mme Sioux, pareil, tu as souhaité intervenir sur « couple parental / couple conjugal », qu’est-ce qui t’a inspirée dans ce sujet ?

– « … »

C’est vrai ça. Pourquoi me suis-je sentie attirée par le sujet lorsque je l’ai vu ?

Rembobinons.

Avril 2012 : premier questionnement écrit sur le sujet. S’aimer : mon couple après l’enfant. Enceinte de 6 mois de mon 2e enfant, je me sens à l’aise sur la question du « couple après l’enfant ». Notre couple parental s’étant construit sans heurt et avec une remarquable communauté d’esprit, j’ai l’impression que nous avons trouvé un équilibre sans trop de mal… donc on a rempilé ! (je suis tombée enceinte au moment où nous parvenions enfin à confier notre fils pour une petite escapade à deux, soit dit en passant)

Novembre 2012 : Comment nous nous sommes perdus. La révélation. Et si les choses étaient un peu plus subtiles que je ne l’avais pensé ? Notre 2e enfant a 4 mois, c’est une autre paire de manches à la maison. Le rééquilibrage du passage à 4 me fait prendre conscience que nous ne sommes pas prêts de nous retrouver… Quand j’arrive à poser mes enfants, mon corps n’est plus disponible pour rien ni personne si ce n’est pour s’appartenir et se reposer, se retrouver lui-même. L’ambition d’alors : retrouver de la bienveillance pour notre couple.

radio lyon 1ère micro

[En préparant l’émission, j’ai relu un article conseillé par une lectrice. Il faudrait 2 ans pour sortir du « désert conjugal » engendré par la période de la petite enfance.]

Avril 2014 : Du bout des mains. Ma fille n’a pas encore 2 ans mais c’est le choc. J’ai le sentiment que notre couple a cessé d’exister ou qu’il repose sous 300m de cendres et je ne pourrai pas patienter jusqu’aux 2 ans de ma fille pour le retrouver. Il faut agir vite ! La prise de conscience doit absolument être commune.

Juillet 2014 : 6 ans. L’espoir renaît (tiens donc, ma fille fête ses 2 ans dans 5 jours !).Un petit mot de mon chéri et une parenthèse childfree me rassérènent. J’y crois à nouveau, je sens une reconnexion à ce qui a été à l’origine du NOUS en tant que couple, je m’intéresse de près à la façon dont nous avons chacun évolué et je veux que l’on continue à oxygéner et mettre en lumière notre amour pour lui permettre de durer.

Rien de tel que les mots de l’autre, en pleine poitrine, couchés sur une carte attentivement choisie, pour ressentir ce qui est toujours là, possible. Ce qu’il en dit, lui. Combien il y croit, fort. A quel point ils les aiment, notre vécu passé et nos projets à venir.

***

Voilà un aperçu de ce dont nous avons parlé dans cette émission, qui sera diffusée le 5 novembre 2014 à 9h, dans l’émission De Parents A Parents, sur Lyon 1ère (90.2). Vous pouvez aussi la retrouver en podcast.

logo-De-Parents-A-Parents-24Ecoutez la 2e partie de l’émission sur YouTube

Avec l’éclairage et les conseils de Sandrine, invitée de cette émission également, en tant qu’épouse et mère mais aussi que professionnelle spécialisée dans l’accompagnement des couples et des familles.

radio lyon 1ère émission parents à parents

Comment s’est créé le couple parental ?

En introduction, nous avions aussi abordé la question de la construction du couple parental. En fait, pour Mr Sioux et moi, passer du couple conjugal au couple parental est la partie qui nous a le moins posé problème. Nous avons, d’un même mouvement, convergé vers notre fils et ses besoins.

C’est amusant car en y réfléchissant, j’ai repensé à une phrase de la conférence de Catherine Dumonteil-Kremer, lors des 3e rencontres des Vendredis Intellos le week-end dernier. Elle a dit, en substance :

Avant de faire un enfant, le couple doit absolument se poser et discuter ensemble du projet parental en termes d’éducation.

Nous ne l’avons jamais formellement fait. Mais sans en avoir réellement discuté, Mr Sioux et moi avions à peu près les mêmes idées sur la question (genre « une bonne fessée de temps en temps, ça fait du bien à tout le monde ! » lol quoi) et elles ont évolué de façon identique une fois notre fils dans nos bras et dans notre vie (je n’imagine absolument pas pouvoir lever la main sur lui un jour et surtout, je ne considère pas du tout cela comme un geste éducatif). Bref, ça a toujours roulé. On est en accord sur tout, à de tous petits détails près. Des détails qui participent à offrir de la diversité d’opinion à nos enfants, finalement.

Tout cela pour dire que je ne me suis pas attardée sur cette question. Par contre, pour ce qui est de retrouver le couple conjugal après avoir pris l’habitude de faire passer les besoins d’enfants en bas âge avant tout… Hem !

De plus, il me paraît évident qu’une fois les besoins des enfants satisfaits, ce sont les nôtres propres qui arrivent en 2nd sur la liste. Du coup, comme le temps vraiment libre est plutôt compté, il n’est pas évident d’en garder pour son couple et d’amputer celui dont on dispose (enfin) pour exister à nouveau en tant que soi – ce ressenti n’est sûrement pas généralisable mais je pense qu’il y a quelques personnes qui ont dû avoir le même à un moment donné.

Et en dehors de ce temps consacré à soi, c’est aussi le besoin de retrouver son corps et son espace vital propre qui peut être mal compris par le conjoint, comme l’avait très bien (et avec humour) expliqué Sandrine dans cet article.

Et une fois le bébé enfin couché, voilà que le/la partenaire de ta vie – enfin celui ou celle que tu croyais être le/la partenaire de ta vie – te réclame un câlin, il veut baiser quoi

Là, normalement, c’est juste le moment où tu as envie de HUUURLER : « Mais lâchez-moi bordel !!!! »

Le moment où tu as juste envie de respirer […] Des câlins, des contacts physiques tu en as eu toute la journée et la seule chose que tu espères, c’est que ton entourage OUBLIE que tu as un corps.

Et aujourd’hui… il est où mon couple déjà ?

Pour l’émission, j’ai pris le temps de relire vos nombreux commentaires sur mon article d’avril 2014. J’ai noté ce qui vous avez fait du bien ou semblé pertinent pour ne pas que le couple se perde de vue dans la parentalité.

Cela va paraître rebattu mais rien de tel que la communication ! On n’en a pas toujours envie, il est souvent plus facile de lancer des piques de temps à autre puis de se murer dans le silence ou bien de ne rien dire ou bien d’en parler à demi-mots et de conclure que ça reviendra. Nous, on a longtemps fait partie de cette dernière catégorie, « ceux qui espèrent ».

Mais honnêtement, même si on compte 2 ou 3 ans après l’enfant (âge de l’autonomie relative) pour pouvoir exister à nouveau, il ne faut pas oublier que c’est aussi l’écart d’âge moyen où arrive l’enfant suivant. Du coup, si vraiment on se contente d’attendre, suivant le nombre d’enfants qu’on fait… on peut attendre de loooongues années avant de se retrouver !!!

Alors parlons, écoutons-nous. Même si nous ne sommes pas ouverts à l’échange immédiatement, on peut laisser les paroles maturer.

Dans les commentaires donc, certains évoquaient l’écoute, la nécessité d’avoir des personnes relais (primordial !!), relire des échanges datant des débuts du couple conjugal pour se rappeler en quoi l’autre nous avait séduit et donné envie de bâtir un foyer avec lui/elle, réfléchir à ce que nous évoque encore le contact de l’autre…

Chez nous, je constate qu’en passant par l’écrit, on parvient à se dire des choses intéressantes. Sans que l’un de nous (moi ?) ne coupe la parole à l’autre, sans interférence enfantine et souvent, après le coup d’énervement, quand la pression est un peu retombée et qu’on accepte de se livrer sans trop de mauvaise foi.

J’y reviendrai d’ailleurs bientôt dans un article sur l’autre grand thème de conciliation : famille / vie domestique / boulot !

Bonne écoute à tous.

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2 réflexions sur “Couple parental et couple conjugal : différence et conciliation [Emission De Parents à Parents, sur Lyon 1ère]”

  1. Waouh ! Madame Sioux ! ça c’est du billet sur le sujet. Nous aurions pu doubler le temps de l’émission. Je vais demander à la radio si c’est possible ! 😉 merci pour ta participation très active et merci également pour ton écrit ci-dessus. A très bientôt et reste comme tu es avec tes joies et tes peines.

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