Déménager ou pas ?

Je n’ai jamais été habituée à « prendre racine« .

Quand on me parle de la valeur de ma maison dans 10 ans, du collège du coin pour y scolariser mon fils ou de je ne sais quoi qui laisse supposer que je suis ici jusqu’à la retraite…, ça me fait doucement rigoler (ou ça me donne des sueurs, c’est selon).

Quand je pense qu’il y a des gens qui naissent, grandissent, étudient, travaillent, trouvent leur conjoint et font des enfants, le tout au même endroit (à 30km près, allez, soyons fous), ça me paraît être de la science-fiction.

J’ai été habituée à déménager.

J’en ai fait une sorte de fierté, ça m’a d’ailleurs en quelque sorte sauvé la vie (sociale et psychologique) à une époque.

ô joie !

ô joie ! ô souvenirs !

Mr Sioux n’a pas peur de bouger, nous sommes venus nous installer à Lyon en nous disant que ça serait une étape parmi d’autres – étape que nous n’imaginions d’ailleurs certainement pas aussi longue.

Mais nous y sommes toujours, 7 ans après. Ça commence à faire, 7 ans, tout de même.

Je ne me sens pas particulièrement attachée à la ville ni à la région… sauf quand je commence à envisager de partir !

Je réalise que nous avons de nombreux climats, reliefs et espaces à portée de main : pays étrangers (Suisse, Italie, Allemagne…), montagne, mer, campagne, …

Je réalise que nous vivons prés d’une métropole qui, si elle n’a pas le charme de mes premières amours, bénéficie tout de même d’avantages certains et reste une ville à taille humaine, finalement.

Je réalise surtout que nous avons fini par tisser un réseau amical et relationnel qui ne se refait pas en 1 jour (ni même 1 année, soyons réalistes).

Je réalise SURTOUT que nous avons des enfants et que ça, ça change beaucoup de choses (tout ?). Oui, j’ai des révélations comme ça, parfois…

***

Mr Sioux aurait pu avoir une opportunité d’emploi dans le Sud, sur la côte d’Azur.

Ayant vécu dans des régions aux climats et cultures différentes et appréciant la découverte, je suis plutôt ouverte côté géographie.

Mais s’il y a un coin de France qui ne me fait pas rêver, c’est bien celui-là. (J’espère ne vexer aucun lecteur. D’ailleurs, si vous trouvez que je me trompe, n’hésitez pas a argumenter !) J’allais ajouter : « Ah non, y’a le Nord aussi ! ». Mais c’est faux. Dans le Nord, il y a les gens (et même un peu de ma famille), leur convivialité et leur chaleur qui s’efforcent de faire oublier le mauvais temps, une mentalité dans laquelle je me retrouverais certainement davantage.

Sincèrement, j’aime le Sud pour de nombreuses raisons (vous pouvez pas imaginer), j’y suis née, j’y ai des souvenirs qui m’émeuvent encore mais ce Sud-là, très peu pour moi. Loin de la mafia et du m’as-tu vu, on trouve des coins magnifiques dans l’arrière-pays mais… je ne sais pas, je ne le sens pas. Et puis je ne suis pas fan de la mer, j’avoue (étrange pour une adepte du Sud mais en effet, ça n’est pas ce qui m’y attire).

Et puis, comme je disais, bonjour le bazar une fois qu’on a des enfants !

Déjà, je n’envisage pas que mes enfants aient un jour d’autres nounous que les Super Nounous. Je n’imagine pas pouvoir trouver aussi bien ailleurs.

Je n’imagine pas annoncer à mon émotif et angoissé de Pti Tonique qu’il va quitter son école et surtout ses copains, ceux qui constituent ses repères, juste assez rassurants pour que les séparations du matin à l’école ne soient pas (trop) déchirantes.

On dit souvent qu’il est plus facile de déménager quand les enfants sont petits, qu’ils ne sont pas encore trop attachés à leurs copains, trop « ados »… Je réalise combien c’est faux. Concernant Pti Tonique, je crois même qu’il aura plus de capacités à gérer ce genre d’événement lorsqu’il sera plus âgé, plus capable (je l’espère) de gérer ses angoisses et de rationaliser les changements.

Et puis il y a ce projet (j’en parlais à la fin de cet article), clairement localisé, que j’ai très envie de mener à terme – puis d’avoir le temps d’en bénéficier !

Et pourtant, découvrir de nouveaux horizons, ça me travaille.

Un horizon lointain en particulier – le Canada – mais là encore, je me vois mal expliquer à mon fils qu’il ne verra ses précieux grands-parents que 2 fois par an (et inversement d’ailleurs).

déménager ou pas (3)

Je ne voudrais pas renoncer à mes envies « à cause » des enfants mais c’est vrai que pour l’instant, ça ne me paraît pas être le « bon » moment.

Est-ce que ça le sera un jour, à nouveau ?

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19 réflexions sur “Déménager ou pas ?”

  1. Ah ah ça me parle, je me faisais également une fierté de déménager souvent, mas pour l’instant on prend racine… Dans quelques années peut-être ! 😉

  2. Jusqu’à présent avec mon Homme nous déménagions tous les ans, voir tous les 2 ans !! J’ai toujours eu besoin de changement (comme de changer les meubles de place dans ma maison….y’a t’il un psy dans la salle??)

    Mais depuis que nous sommes parents, et surtout depuis que ma fille est rentrée à l’école, j’imagine moi aussi très difficilement ce changement de vie. Mon Homme étant Réunionnais, nous voulions retourner vivre deux ans sur cette île, mais je sens au fond de moi que ce n’est pas le bon moment….c’est dur dur tout ça, mais je crois que le bonheur de mes enfants passera toujours avant mes envies de bougeotte!!

  3. Ton article me parle également ! Pour le moment nous sommes en région parisienne (et nous aimons ça!) (oui oui! ^^) mais un jour nous reviendrons certainement EN PROVINCE :)))
    Et avant d’accéder à la propriété, nous avons envie de partir vivre 1 an au moins en famille dans un autre pays à la culture lointaine…

    • Ca me fait penser à un témoignage que j’ai vu passer sur Internet récemment, d’une famille partie 1 an faire le tour du monde avec leurs 2 petites filles. Ils en ont fait un blog et des vidéos : c’est fascinant ! Faut arriver à sortir du cadre, en considérant que NOUS sommes les essentiels de nos enfants durant leurs premières années et que tout ce que nous leur donnons à voir ne peut que les enrichir, même si ça les (nous) sort de leur zone de confort dans un premier temps.
      Quel pays vous tenterait ?

      • Exactement ! Et c’est à mon sens la plus belle école de la vie !
        Au départ on se fixait un trip camion-baba-cool et puis je me suis fait la remarque que mes plus beaux voyages avaient été quand je travaillais sur place (soit dans le cadre d’un échange universitaire, soit un chantier, etc.)
        Alors vu le métier de Nicolas (dentiste en dispensaire) ce serait trop bête de ne pas soigner les gens sur place ! Et moi je ferais peut-être quelque chose comme écrivain public ou bénévole de soutien à l’allaitement dans une asso locale. Les enfants iraient à l’école du coin, ou on ferait de l’IEF, je ne sais pas encore précisément.
        Du coup, un pays francophone serait plus adapté… mais l’Inde (que je ne connais pas du tout, je sais qu’il faut rester prudent avec ce type de projections !) serait également envisageable. C’est finalement assez précis notre affaire ! 🙂

  4. Dire que je me fais tout un monde sur un simple changement d’école dans la même ville.
    Alors, oui, je te comprends. J’ai pas mal déménager avant d’avoir mes enfants, avec ou sans Père Charmant.
    Mais je pense que quand on a des enfants, nos envies doivent passer après leur bien-être.
    Genre j’adorerais partir vivre aux USA ou au Canada. On en a eu l’opportunité il y a un peu plus d’un an. Le truc de fou, le rêve de ma vie.
    Auquel j’ai renoncé. Parce que mes loulous ont tous leurs repères ici et que je sais d’office que si on change d’endroit, ils auront du mal à s’adapter…
    Alors, tant pis pour le rêve. J’irais peut être un jour. En vacances 😉

    • J’ai le même cas de conscience pour l’école. J’aimerais l’en changer, convaincue que l’autre (enfin les enseignants surtout) est mieux mais il perdrait ses copains et ses tout nouveaux repères alors que l’adaptation a déjà été longue pour lui… Pour l’instant, je me console en me disant que finalement, les enfants s’adaptent à leurs référents (instits en l’occurrence), c’est surtout à nous que ça pose problème, avec notre regard d’adultes sur la question (mais en même temps, on est là pour ça…!).
      Je suis partagée sur la question des changements. D’un côté j’admets que leur confort/bien-être passe avant mes envies, d’un autre côté, bouger et voir autre chose, c’est aussi les ouvrir au monde et je pense que ça leur est bénéfique sur le long terme (à nous de rendre les transitions aussi peu douloureuses que possible).
      Franchement, si on avait une opportunité pour le Canada demain, je ne sais plus trop ce que je ferais !! :-/

  5. Je pense que le jour où ça vous démangera, toutes les autres questions passeront en arrière-plan. Pour ma part je vis loin de chez mes parents, c’est dommage de ne pas les voir plus souvent, mais pour l’instant nous nous épanouissons ici.
    En attendant j’aimerais bien aller vivre un peu autour de Lyon moi, il me reste à convaincre Mr !

    • Il est originaire de là où vous êtes ? C’est sûr qu’il vaut mieux être au moins deux sur la même longueur d’onde, d’autant plus quand il faut « convaincre » le reste de la famille…
      Je me souviens des crises de larmes de ma soeur lors de notre gros changement de région en 1998… mais il faut dire que nous le subissions tous, ça n’était pas vraiment une envie portée par mes parents non plus :-/

      • Oui il est originaire de la Picardie, là on vit carrément dans sa ville de naissance, il n’a jamais bougé lui, et pour l’instant il n’a pas trop envie… Ensuite il est prof et ce n’est pas du tout facile de changer de région, ça se fait sur coup de chance en gros.
        Moi ça me dérange pas de bouger, enfin, ça ne me dérangeait pas, jusqu’à ce que je quitte l’Ain, je me suis aperçu au fil des années, quand j’y retourne, que ça me prend aux tripes, j’aime voir ces paysages, et Lyon est assurément une ville à taille humaine, c’est ce que j’ai toujours dit !

  6. Je me pose les mêmes questions. Change « Canada » par « Australie ». J’ai toujours beaucoup voyagé/déménagé. Et depuis la naissance de Petit Brocoli, je m’encroûte à Lyon alors que ce n’était sensé être qu’une destination prévue pour 6 mois!
    Je me demande souvent si mon fils acceptera de partir, s’adaptera malgré le changement de repères. Lorsque j’en ai parlé à une puéricultrice, elle m’a dit qu’au final, ce sont les parents LE repère. Quoi que je décide, mon fils s’adaptera si nous, parents, nous arrivons à donner à nos enfants une sécurité intérieure.
    Toujours plus facile à dire qu’à faire non?
    Par ailleurs… Je me rends compte que c’est moi qui commence à m’attacher par ici :-s

  7. Idem par ici ! Mon mari est de Rhone Alpes et je pense qu’on restera dans la région (mais peut etre pas le département) malgré nos reves d’expatriation… qui resteront des reves… On a voyagé et vécu à l’étranger (Canada pour moi et GB pour lui) quand on etaient étudiants. Mais c’est vrai qu’avec des enfants c’est plus dur…
    Après il ne faut pas négliger les capacités d’adaptation des enfants, ils peuvent très bien vivre un déménagement (ou pas…), je pense que ca dépend beaucoup de la facon dont les parents le vivent aussi (si c’est contraint ou non).

  8. Moi je mets mon veto à un déménagement plus loin de chez nous! Et pis c’est tout!
    On a beaucoup déménagé au début avec Mr, genre 3 fois en 3 ans et c’était bien lourd… depuis on se pose…
    Et on a tellement d’avantages sur place, si difficiles à trouver que…
    On a toujours le fantasme d’aller un jour loin, peut-être en nouvelle calédonie par exemple, pour genre 2-3 ans. Mais comment payer la maison pendant? Quel boulot trouver là-bas?

  9. j’ai quittée il y a 4 mois Lyon pour Cannes, et je suis au combien plus heureuse …. La mafia et le ma tu vus dont tu parle ne me touche pas et c’est triste de se limiter a ca pour une region … Tu sais ici il y a aussi beaucoup de gens bien, des gens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté … Mais apres les gouts et les couleurs ca ne se discute pas ! 🙂

  10. Je pense vraiment que l’essentiel pour les enfants ce sont les parents. Quand j’ai eu 6 ans, nous avons été vivre deux ans en Guadeloupe, certes c’est la France mais c’est différent, les deux premiers mois ont été difficiles mais au final, tout s’est bien passe et y avait toujours famille ou amis de métropole donc un côté un peu vacances régulièrement. Avec l’Homme, l’expat nous tente mais il faut un projet pro intéressant pour lui. Quant à faire changer d’école la laloutte, on l’envisage car nous venons de faire une proposition d’achat pour la ville d’avoir côté ..à voir si ça aboutira ma si depuis sa naissance, tous les ans, elle change de mode de garde et elle s’habitue en très peu temps …

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