Digérer

Digérer les déceptions,  les désillusions, les départs, les éloignements. Digérer les ascenseurs émotionnels, la mauvaise foi, les questionnements, la mésestime, le chaos cérébral.

Que de chamboulements ont suivi ce billet… Comme si une facétieuse divinité s’amusait à nous prouver combien tout doit sans cesse être remis sur l’ouvrage, combien l’équilibre est illusoire.

Accepter l’imperfection, accepter les concessions.

Accepter de ne pas pouvoir leur offrir toujours l’idéal, accepter de devoir arbitrer.

Digérer sa mine déconfite et ce sentiment d’avoir promis la lune et de ne même pas pouvoir offrir les étoiles. Changement d’école avorté, après avoir tout mis en place : après la radiation, le transfert de dossier, l’inscription et la visite des nouveaux locaux. Réaliser que l’on n’avait pas pris toutes les garanties nécessaires, que l’on avait été trop optimiste pour une fois et devoir faire machine arrière, pour le confort de la petite sœur et l’organisation familiale. Revenir sur un changement qu’il semblait, à notre grande surprise, si bien accepter voire désirer. Sentir son cœur se serrer un peu plus en l’entendant redouter de retrouver, l’an prochain, la maîtresse de petite section qui a changé de niveau. Et tandis que la petite joue inlassablement à nous escalader et réclame « à dada sur mon bidet » sans sembler prêter attention à la délicatesse du moment, étudier l’air abattu de son grand garçon. Sentir la culpabilité nous étreindre. Puis craindre pour l’entente fraternelle quand il glisse à son père que c’est à cause de sa sœur que le projet échoue, puis : « Mais moi j’ai qu’à aller à l’autre école et l’Iroquoise elle va à celle-là. ».

Impuissance. Culpabilité. Tristesse. Envoyer le trio dans l’estomac et entamer la lente digestion, qui ne pourra véritablement fonctionner qu’une fois la rentrée passée et certaines craintes levées – si seulement.

Rester sur place et regarder les silhouettes s’éloigner.

Compter les pas qui les mènent petit à petit vers leurs horizons rêvés. Préparer l’absence, s’apitoyer sur ce qu’on perd : l’entente, l’écoute, le réconfort de la mêmeté affinant la compréhension extrême, l’absence de jugement, la compassion, les blagues, le quotidien narré.

Deux amies proches, voire très proches, ne seront plus près de moi à la rentrée. Elles seront loin, voire très loin. Chacune dans un nouveau projet de vie, riche et attendu. Une sorte de nouveau départ pour l’une d’elles, bourré de challenges et de belles promesses, le tout sous la forme d’un retour en terre natal. Je lui souhaite le meilleur mais je ne sais pas avec qui je pourrai, IRL, retrouver d’aussi doux rendez-vous mensuels, aussi gastronomiquement éloquents qu’intellectuellement rassasiants.

yoga symbole

En attendant, on va visualiser et respirer… Tenter de garder cet été, les bonnes pratiques de l’année en yoga.

Et puis il y a le reste, ce qui pèse encore un peu plus lourd, qui tire sur des racines tellement plus profondes que tous les organes s’en trouvent éprouvés.

Existe-t-il des molécules pour faire des émotions prémâchées… ?

Digérer, digérer, digérer.

Un lent processus que la vie vient sans cesse alimenter et qui certains jours, semble grippé.

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