Le don d’ovocytes et moi

En novembre 2013, au gré de mes lectures de blogs hebdomadaires, je suis tombée sur plusieurs articles parlant du don d’ovocytes. Je me souviens de celui de Ginie et également de celui de ma copine Petit Bourgeon. Et puis j’avais eu le témoignage de mon amie Eve, bien sûr.

Le don d’ovocytes, c’est un sujet que j’avais déjà évoqué en 2011 (La saison des dons). Un sujet qui me titillait depuis que j’avais moi-même commencé les « essais bébé » comme on dit dans le jargon. Que j’avais senti ce désir me prendre aux tripes, à mesure que je réalisais combien il serait douloureux 1/ de ne pas tomber enceinte dans le « délai » que je m’étais imaginé, 2/ de ne pas arriver à tomber enceinte du tout ni à porter mon propre enfant.

Last but not least, ce geste serait une façon de compenser le fait que ma « biologie » n’était pas particulièrement la bienvenue dans d’autres formes de don (pour la santé d’éventuels receveurs, à cause de mes allergies sévères, comme je l’expliquais dans mon article de 2011).

En guise de boutade, je me suis dit :

  • 2010 : bébé
  • 2012 : bébé
  • 2014 : NO WAY ! Ca sera donc « bébé pour les autres » (enfin je l’espère pour eux)

C’est ainsi qu’à la fin de la consultation de ce site bien construit, je me suis laissée tenter et j’ai confié mes coordonnées au centre de don de gamètes le plus proche de chez moi.

Juste le temps d’oublier et on m’a rappelée. Etant du style à me documenter à outrance lorsque je me prends d’intérêt pour un nouveau sujet, j’avais peu de questions. Nous avons convenu d’un premier rendez-vous dans la foulée.

Cela dépend des régions mais dans la mienne, la liste d’attente est longue.

La seule façon de diminuer cette attente est de trouver une donneuse dans son entourage. Non pas pour recevoir ses ovocytes mais pour remonter sur la liste d’attente en échange de son don – qui bénéficiera à d’autres couples en attente.

Alors après validation de mon dossier, j’ai pu commencer le protocole à ma plus proche convenance.

Les rendez-vous, les médicaments, les dosages et les échographies… ce sont des aspects du parcours que j’ai ressentis comme familiers, « grâce » aux blogueuses de PMA qu’il m’a été donné de lire ces dernières années. Pour autant, vivre le parcours de l’intérieur reste une expérience intime et contraignante.

Reste deux bémols majeurs, s’il fallait comparer le don avec les protocoles suivis par les personnes en PMA : les dosages médicamenteux sont moindres et, surtout, on ne vit pas l’angoisse, conséquente, du « résultat ».

 ***

Je ne dirais pas qu’aujourd’hui, j’ai envie de convaincre toutes les femmes de mon entourage de faire de même. Cela reste avant tout une démarche personnelle (et autrement moins simple qu’un don de sperme).

Mais j’avais envie d’évoquer, même brièvement, le sujet. Au cas où certaines se questionneraient, auraient besoin du « coup de pouce » qui m’a moi-même bénéficié il y a quelques mois.

Vous trouverez toutes les informations détaillées sur le don de gamètes (et notamment les critères pour être donneuse) sur le site dédié.

Bon week-end à tous.

 ***

NB : J’étais persuadée qu’il n’y avait que pour le don d’ovocytes que l’accord du conjoint était requis. Je pensais que le don de sperme ne requérait pas la même autorisation. Eh bien heureusement, il n’en est rien. Autorisation du conjoint requise dans les deux cas. Je dis « heureusement » par souci d’égalité mais dans l’absolu, je ne suis pas absolument convaincue par la notion. A la rigueur, une obligation d’information du conjoint, ça me paraît important (même si j’imagine mal une femme réussir à faire un don d’ovocytes ni vu ni connu). Mais l’accord formel, bof… J’ai d’ailleurs trouvé amusant, en relisant mon article de 2011, de m’apercevoir qu’à l’époque, je trouvais légitime que le couple soit inclus dans la réflexion autour de ce don alors qu’aujourd’hui, j’aurais plutôt tendance à penser que c’est une démarche personnelle – même si elle affecte, temporairement, la vie du couple et de la famille.

Chez nous, ça n’a pas posé de problème pour Mr Sioux mais le biologiste me confiait que la moitié des démarches pour dons de sperme n’aboutissaient pas pour cause de refus de la conjointe – une proportion sans doute inférieure dans l’autre sens car les donneuses d’ovocytes sont plus rares.

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6 réflexions sur “Le don d’ovocytes et moi”

  1. Pingback : Brèves #16 : témoignages sur le don d’ovocytes | Kaellie's Baby

  2. Merci pour ce billet ! Il aborde une question à laquelle je n’avais pas – ou très peu – réfléchi ! Et pourtant essentielle…lorsque l’on est – de près ou de loin – confronté à cette difficulté.

  3. Ça faisait longtemps que je n’étais pas passée par ici !
    Je ferais un don d’ovocyte… quand il n’y aura plus d’anonymat du donneur. Pas pour avoir moi-même un « droit de regard » sur l’enfant, mais pour lui permettre à lui d’avoir accès à son histoire biologique, à ses antécédents. Je connais la souffrance des couples stériles, mais je connais aussi celle des enfants qui ont un « trou » dans leur passé.
    J’ai la « flem » de rechercher les infos depuis mon tel, mais j’avais lu que, contrairement aux idées reçues, les français sont moins généreux que d’autres pays où il n’y a pas d’anonymat.
    Ce ne sont peut-être pas les mêmes donneurs, en revanche…
    Lorsqu’il n’y a pas d’anonymat, l’accord du conjoint est peut-être plus important.

    • Ce ne sont peut-être pas les mêmes donneurs parce que moi-même, je ne sais pas si j’aurais été à l’aise, sans l’anonymat, avec l’idée de pouvoir être contactée dans quelques années par l’enfant né de ce don. D’un autre côté, j’ai du mal à imaginer qu’il y ait tant de donneurs que ça freinés par l’anonymat. Parce que quand j’en parle autour de moi, les gens qui n’envisagent pas ce geste l’explique plutôt par leur réticence face à la lourdeur du protocole.
      Cela dit, je comprends tout à fait ton raisonnement, c’est une donnée importante et qui éclaire le débat du « droit à l’enfant » du côté de l’enfant lui-même, issu de cette technique médicale. Cette nouvelle possibilité de procréer crée des situations juridiques et généalogiques plus complexes, en effet…

  4. Bonjour et merci de témoigner de votre expérience sur le don.
    en attente de don, je canalise mon énergie dans le blog don-des-fees-meres.blogspot.fr ou je sensibilise certes au don mais aussi où je démontre que oui on existe comme toute autre personne malgré cette attente, malgré cette dépendance envers une éventuelle donneuse, une fée.
    je serai ravie si vous souhaitez témoigner sur.mon blog.
    bien à vous et bravo
    don des fées mères

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