Du bout des mains

Ils avaient 21 ans. Après des débuts incertains, leur histoire a pris un nouveau départ sous les meilleurs auspices. Très vite, elle s’est dit

« Ce sera le père de mes enfants ».

Et elle ne s’est pas trompée.

Ce n’était pas parfait – rien ne l’est après tout – mais elle n’avait jamais connu une relation aussi sereine et douce. Elle le sentait épris et fiable, respectueux et aimant. Ils avaient de nombreux projets et envies communs. Ils voyageaient, écumaient les restaurants, s’organisaient des week-ends aux 4 coins de la France et de l’Europe. Leur leitmotiv était :

« Quoiqu’on fasse, tant qu’on est tous les deux, c’est toujours bien ».

Il lui était arrivé de soulever un point qui la gênait, il ne s’y était pas montré extrêmement réceptif et puis après tout, ça n’était pas la seule chose qui comptait, se consolait-elle.

Les projets allaient bon train. La maison voyait le jour et bientôt, ils seraient parents. Une fois encore, ils se sentaient sur la même longueur d’onde pour tout ce qui touchait à leur futur enfant, à l’organisation de leur nouvelle vie. Elle avait trouvé un travail plus proche de leur nouveau foyer, elle se fatiguerait moins durant la grossesse. Et de nouveaux challenges s’offraient à elles.

L’enfant naquit. Ce fut une tempête indescriptible – même si elle tenta souvent de mettre des mots sur cette tornade qui la métamorphosa du ventre jusqu’à la tête, en passant par le coeur.

Tel un tandem qui rien ne peut enrayer, ils agissaient comme un seul homme pour le bien-être de ce précieux petit garçon aux besoins si intenses. Persuadés d’agir au mieux pour lui, chaque jour plus dévoués, ils ne voyaient pas comment ni pourquoi ils prendraient du temps pour eux. Ils étaient comblés comme ça.

A tel point que rapidement, ils décidèrent de renouveler ce miracle. Passée l’époque des douloureux ajustements de la multiparentalité, ils se sentaient une fois encore satisfaits du joyeux et doux foyer qu’ils avaient fondé.

Seule ombre au tableau, le manque de temps pour eux.

Lorsqu’ils parvinrent enfin à reprendre possession de leurs soirées, ils n’avaient plus qu’un seul réflexe, une fois les tâches domestiques effectuées : se retrouver avec eux-mêmes, chacun devant son écran ou concentré sur sa façon de faire le vide, de se reposer.

du bout des mains

Elle se faisait souvent la réflexion – ou parfois se la faisaient-ils à deux – que leurs conversations ne tournaient plus qu’autour des enfants ou de la logistique de la maison. Plus de moments câlins, d’instants volés, de baisers véritablement désirés, de projets d’escapade en couple, plus d’impatience de se retrouver à deux… plutôt celle de se retrouver seul avec soi-même, comme une ultime tentative de se réappartenir après avoir tant donné de soi tout le jour – et en prévision de ce qu’il faudrait encore fournir durant la nuit.

De temps en temps, quand ce constat lui pesait trop, la mettait en colère, elle lui lançait de petites piques : « En fait, on vit comme des colocataires !« . Il en riait, de ce rire de celui qui est trop fatigué pour se lancer dans de grands questionnements, ou qui met simplement la remarque à distance pour mieux y réfléchir en lui-même, à un moment plus propice. Mais qui n’y revenait finalement jamais.

C’est vrai, l’ambiance était plus bonne, il y avait une forme de complicité et de réassurance à évoquer ensemble ce qu’ils connaissaient à présent le mieux et qui les occupaient tant : leurs enfants, les rires, les colères, les chagrins, les bons mots, les attitudes rigolotes, les journées à la crèche et l’admiration en les regardant s’épanouir chaque jour.

Pourtant, un jour, suite à des évènements qui l’avaient émotionnellement bousculée, elle se décida à taper du poing sur la table, plus fermement que d’habitude. Elle ne mâcha pas ses mots, ni ses ressentis.

Il les reçut comme un uppercut, comme un coup de pied nonchalant mais bien placé dans le château de cartes de sa vie bien réglée, qu’il jugeait globalement satisfaisante.

Après des échanges, des silences, des jours où le quotidien reprenait sans difficulté ses aises, de nouveaux échanges et de nouveaux silences, il lui confia :

« Comment a-t-on pu se tromper à ce point ? Moi qui étais si fier et persuadé que nous avions tout réussi : notre vie, nos enfants, que l’on s’en tirait plutôt bien… ».

Les mots la firent pâlement sourire. Ils étaient tellement justes.

Comment avaient-ils pu laisser une telle chose se produire… comment avaient-ils pu laisser ne serait-ce que leur complicité, leurs jeux, les récits de leurs journées et leur affection s’éteindre sans réagir ?

Etait-ce vraiment ce qui s’était passé : aucune réaction ni d’un côté ni de l’autre ? Cela signifiait-il que ça leur convenait, finalement ? N’était-ce pas la preuve que leur couple n’avait été qu’un artifice depuis le début ?

Ils décidèrent de se faire aider. Mais cela allait prendre du temps. Par moments, elle ne se sentait pas la patience nécessaire.

A quel point avaient-ils envie que ça marche ? « Vraiment ». Ou « très très fort » ?

Pour elle, plus que tout, il était inenvisageable de voir son foyer éclater. Ce n’était pas la vie qu’elle avait imaginé pour ses enfants. C’était bien la dernière chose au monde qu’elle souhaitait leur proposer. Ne serait-ce que pour ça, il fallait tenter.

Elle tentait de se remémorer ce qui les avait rendus si forts les premières années, si sûrs de leur évidence, si « eux ».

***

Mais comment retombe-t-on amoureux ?

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39 réflexions sur “Du bout des mains”

  1. Il me parle si fort ton article… Tu as mis des mots là où dans ma tête c’est le brouillard pour bien des points! Merci!

    Je vous souhaite d’avancer à 2 dans le bon sens…

  2. J’ai l’impression de lire, en partie, mon histoire. Si ce n’est qu’on n’a pas navigué aux 4 coins de la France, on n’a pas fait construire, on n’a pas eu le temps de faire le 2ème avant que je donne l’upercute. La thérapie de couple … Mais pour nous, la thérapie est finie.
    Très sincèrement, très bonne chance !

      • La seule chose que je puisse te dire c’est que j’ai compris plein de choses, notamment sur moi. Je crois que la maternité a été un véritable tsunami qui a fait voler en éclat la carapace cartésienne que je m’étais mise, pour me protéger, depuis mon enfance. Je commence à être moi même, sans cette armure. C’est essentiel non ?
        Etre amoureux est une chose. Je ne pense pas que la forme des sentiments puisse rester la même au fil du temps. Au début, on se découvre alors forcément, ça ne peut pas être pareil quand on se connait. Les 2 périodes ont des avantages et des inconvénients.
        Mais être amoureux, ce n’est pas accepter des concessions au point d’oublier qui on est. Si au moins vous avez la même vision de la vie (qu’il n’y en ait pas un qui soit écolo et l’autre qui roule en X5 par exemple), vous trouverez probablement le moyen de vous retrouver.

  3. Comment retombe-t-on amoureux?
    En plongeant et puisant dans ses souvenirs et en repassant du temps à 2 où l’on se raconte et où l’on s’écoute. Au début, cela paraitra peut-être un peu forcé et puis, si l’amour est toujours là, tapit dans l’ombre, il resurgira. Grande pensée pour vous.

    • C’est cela, ça paraît un peu forcé et ça manque de naturel au début, cette reconnexion. Mais je me dis qu’en essayant sincèrement de savoir qui est l’autre aujourd’hui, quelles sont ses attentes et en ayant vraiment le désir de le (re)découvrir, ça peut marcher…
      Merci pour ton message.

      • C’est pas évident, c’est clair. Laissez parler vos coeurs, laissez parler vos corps. Quand l’autre pose la main sur l’épaule, est-ce qu’on a envie de la prendre, de l’enlever, est-ce qu’il ne se passe rien ?
        L’aide que nous sommes allés voir nous a fait faire ce genre d’exercice. Se poser et regarder l’autre (sans qu’il le sache) et voir ce que ça fait. Qu’a-t-on envie de partager. Si on devait se quitter maintenant, que resterait-il à faire ensemble. Des « classiques » semble-t-il 🙂
        Se plonger dans les souvenirs, j’avoue que j’ai trouvé ça dangereux : les choses ont tellement changé. Ca peut donner faire l’étincelle qui rallume le feu, mais il ne faudrait pas non plus que ça soit la nostalgie qui fasse rester ensemble.

  4. On s’est dit que ça ne nous arriverait pas, pas à nous. Forcément puisqu’on savait on saurait trouver le temps de toujours s’aimer.
    En réalité c’est pas si simple.
    Certains jours on arrive tout juste à avoir des bribes de conversations (coucou les enfants déchainés!) alors pour la tendresse et la séduction…
    Je râle régulièrement, je me dis qu’il faut réagir, qu’on s’aime mais qu’il faut aussi qu’on se sente amoureux avant que l’on s’éloigne sans s’en rendre compte, pris dans la spirale du quotidien.
    Il dit qu’il fait avec, qu’il s’en satisfait pas mais que c’est comme ça.
    Moi j’ai pas envie de faire avec toutes ces contraintes. Je veux tout.
    Merci pour ce post qui fait écho, belle synchronicité…

    • Lui aussi disait que même si ça n’était pas satisfaisant, il ne voyait pas comment faire autrement, que ça s’arrangerait peut-être avec le temps.
      En fait, si on ne prend pas ce temps, celui de se séduire chaque jour, je constate qu’on ne sera pas plus forts que les autres.
      Moi aussi je veux tout alors on va se donner les moyens 🙂

  5. Ton billet parlera certainement à beaucoup car une fois qu’on a des enfants, je pense que c’est ce qui arrive pour quasiment tous les couples.
    Je vois mes parents qui ont résisté à ces années, celles où le quotidien est régi par les enfants, et maintenant que nous sommes tous les 3 grands, je les vois se redécouvrir. C’est mignon comme tout.

    • Je me pose aussi beaucoup de questions sur l’après : aujourd’hui on voudrait du temps libre et quand ils seront partis, on trouvera la maison vide et on saura plus quoi faire de notre peau je parie !! C’est jamais simple 🙂

  6. Le manque de temps en amoureux, c’est le « gros » problème des parents malheureusement!
    Et puis arrive un jour où on se rend compte que c’est allée trop loin et qu’il faut se bouger si on ne veut pas que son couple ne soit plus…
    Comment retomber amoureux?
    Le prêtre qui nous a marié nous a demandé d’écrire une lettre qui expliquait pourquoi on aimait l’autre et pourquoi on voulait l’épouser. Le prêtre l’a gardé et nous a dit que, si un jour, notre couple allait mal, on pouvait venir relire cette lettre, pour se rappeler de toutes les raisons qui font qu’on est amoureux… C’est le point de départ pour trouver la force de se battre !
    Je vous souhaite de retrouver vos petits moments rien qu’à vous et la force d’avancer ensemble…

    • C’est une jolie démarche de la part de votre prêtre. Au moins, tu es conscient dès le départ qu’un couple, ça s’entretient.
      J’ai essayé la méthode de se rappeler ce qui nous avait plu au début chez l’autre mais en fait, ce qui me motive le plus, c’est d’essayer de comprendre qui nous sommes devenus. Je veux dire que nous avons beaucoup changé depuis 8 ans et a fortiori en devenant parents. Du coup, j’ai l’impression qu’il y a vraiment matière à savoir QUI l’autre est devenu et que ça, ça peut être chouette (car il y a matière à discussion !!) 🙂

  7. Depuis qu’on a des enfants (3 aujourd’hui), on n’a pas traversé de telle crise. On a encore plus envie de se retrouver à deux, et on réussit à se trouver des moments de bonheur très régulièrement (un petit dîner tranquille devant un film, plus souvent qu’un voyage au bout du monde, mais génial quand même)

    En revanche, nous sommes passés par une jolie crise avant de devenir parents. Qui a duré bien… 6 mois (initiée par moi-même)
    Et parce qu’on était persuadés de s’aimer encore, que nos projets de vie valaient le coup, que nous étions faits l’un pour l’autre, on a décidé de s’accrocher. Il m’a attendue. Longtemps. Il m’a laissée revenir à lui. Au début j’avais l’impression que c’etait « forcé », que c’était artificiel, je me posais mille questions. Et puis petit à petit ces moments durs se seront estompés. Lentement… Mais sûrement.
    Et petit à petit on s’est retrouvés.
    Et aujourd’hui je dis OUF, presque tous les jours. Je le remercie intérieurement d’avoir su laisser passer l’orage de s’être accroché de s’être battu pour nous. Et moi aussi je me suis battue, pour l’idée de notre couple, au dessus de nous.
    Je ne regrette pas une seconde notre acharnement. On est mille fois mieux aujourd’hui ensemble.
    Et je croise les doigts pour que ça continue.

    Peut être que si tu prends du recul, et que tu vois la vie de couple comme une roue avec une succession de phases, positives et plus désagréables, tu trouveras la motivation, avec ton mari, de la laisser tourner jusqu’à ce que vous atteigniez de meilleures auspices.

    Je ne sais pas du tout si une thérapie de couple est nécessaire (je ne connais pas), mais si vous avez tous les deux envie de vous battre pour ça, pour votre famille, pour vos enfants, je suis sûre que ça peut s’arranger.

    Retomber amoureux, je ne sais pas ce que ça veut dire, mais évoluer ensemble, changer, s’adapter… C’est possible; certains couples parentaux sont encore ensemble au bout de 30 ans et s’éclatent (mes parents par exemple). Ils ont, forcément, changé… Mais réussi, avec plus ou moins de faiclités, à changer ensemble.

    J’ai entendu parler d’un bouquin qui pourrait peut être te plaire:
    http://www.amazon.fr/goût-vie-commune-Claude-Habib/dp/2081332728

    Et sinon, un livre que j’ai beaucoup aimé, qui peut peut être être lu à deux et discuté, et qui permet de réfléchir au type de vie amoureuse qu’on souhaite:
    http://www.amazon.fr/Je-taime-philo-Olivia-GAZALE/dp/2221122682

    Tiens bon 🙂

  8. Plein de commentaires sur ce sujet qui interpelle, et voici le mien.
    On est dans le même cas, avec un seul bébé pourtant. On a pas encore eu le temps de parler vraiment de tout ça, peut être qu’on est pas encore arrivés à votre stade plus avancé (je veux dire deux enfants, plus vieux) du difficile chemin de la parentalité.
    On a beaucoup de fatigue aussi, d’agacements encore, une première année cataclysmique avec bébé (qui à beaucoup de points communs avec Pt’it tonique mais juste l’âge de l’Iroquoise) La première année a été une longue empoignade (un long hurlement) en fait. Bébé va mieux, hurle moins, nous aussi, et on envisage d’attendre encore un bon moment, le temps de se retrouver un peu, avant d’inviter bébé 2 à se joindre à nous(s’il le veut, car on a pas eu le premier facilement. Tant pis, on prend le risque de « perdre » du temps de « potentielle fertilité ». Moi qui en voulait 3 …) Peut être que pour autant ce n’est pas un si bon calcul …mais 2 enfants à la suite, il me semble que c’est un sacré défi, et que ça double largement la « peine »pour vous quand même.
    Nous recommençons tout juste de notre côté à avoir quelques gestes (rares) l’un pour l’autre, moins de disputes, et si mes calculs sont bons, à votre place, bébé n°2 arriverait bientôt si on était vous.
    Quelle horreur si je puis dire. Alors que la tempête s’apaise enfin un peu, que l’on voit comme un progrès notable et heureux le fait de ne plus se disputer tous les soirs, recommencer un nouveau cataclysme, doublé du premier petit à s’occuper ? J’admire les gens depuis qu’on est parents de réussir à faire ça.
    Nous c’est clair qu’on serait pas capable, notre couple volerai définitivement en éclats j’en suis persuadée. D’autant qu’en l’absence de relais les moments à nous deux sont à peu près inexistants.
    Et pourtant …beaucoup nous disait qu’on était le couple idéal, « avant ». Ensemble depuis nos 19 ans, très amoureux, très collés, très « fusionnels » pour reprendre le terme à la mode, et cela pendant 10 ans. (Chacun était le bébé de l’autre finalement…) On a galéré pour avoir notre bébé,ça nous a soudé encore plus. Et puis …BOUM. Patatra. Parfois j’ai l’impression que ceux qui ont vécu ça le plus sereinement autour de nous (enfin à moins qu’ils cachent bien leur jeu) sont les couples souvent les moins « proches » (du genre à oublier leurs anniversaires mutuels, si si c’est vrai, c’est ceux-là qui nous inondent le plus de leur photos et messages de parentalité radieuse).
    Alors pour ma part encore une fois cela me semble assez normal que le couple se trouve sacrément mis à mal, de côté, et plusieurs années, dans votre cas.
    Ca doit paraitre long forcément et donc inquiétant.
    J’ai ce lien vers cet article où il est dit que 80% des jeunes parents sont mécontents de leur couple pendant les 2 premières années de leur enfant…
    http://www.planetesante.ch/Mag-sante/Grossesse-Enfants/Le-bebe-un-cauchemar-pour-le-couple
    Je suis assez d’accord avec l’idée qu’il faille être patient (enfin bien sûr sauf si on se balance des couteaux à la figure) ; attendre de voir si la roue tourne une fois ces deux premières années passées …Se laisser une chance de se retrouver plus tard, se donner rendez-vous dans le futur en quelque sorte, après la « traversée du désert de la petite enfance »(je me répète souvent cette phrase trouvée sur un blog ami) bon, mais dans pas trop longtemps quand même ! ; après ces deux années fatidiques …
    Désolée pour le pavé ;…
    Courage à vous.Les enfants nous apprennent à voir sur le long terme je crois …

  9. je lis votre histoire, comme j’ai observé au hasard de la vie, celles des gens rencontrés, parfois quand ils étaient jeunes, qui ont vécu ça : la rencontre, l’amour, la famille.
    souvent, j’observais autant leurs bonheurs que leurs déconvenues, angoisses, colères, lassitudes…
    sauf que moi, je les regardais , souvent quand même, comme des sourires dans la grisailles et la solitude.
    Je n’ai ni connu l’amour, ni le couple, ni la famille, et je continue à voir les jeunes ou moins-jeunes « couples » que je rencontre comme des ilots sur l’océan … certains, beaucoup, ne me font plus sourire. certains, plus rares, me font encore bondir de joie : ça existe quand même, même si c’est trop tard pour les quasimodo.
    Je ne sais pas ce que c’est que de vivre tout ça moi-même : mais votre question, votre constat, arrive souvent dans ces couples que j’ai croisés.
    certains, à ma rencontre, se rendent compte qu’ils ont une richesse miraculeuse.
    ne l’abandonnez pas…
    si vous vous posez cette question, ce constat que quelque chose semble ne plus être, c’est que ce qui « est » « fait » votre lien, est encore inconscient, mais toujours là.
    et que vous n’êtes pas seulement, seul à deux, un plus un, mais que vous vous êtes construits mutuellement.
    c’est ineffaçable. c’est vous.
    vous êtes là, ensemble. et tout d’un coup, vous découvrez que vous êtes autrement que ce que vous êtiez dans le passé.

  10. Ca me parle, ça me parle beaucoup.
    Les enfants demandent beaucoup, il ne reste plus rien (ou plus grand chose) pour l’amoureux. Mais je m’accroche, j’essaie, je crois que ça vaut le coup. Si vous êtes deux à admettre que vous traversez un passage difficile, je suis persuadée que vous avez fait un grand pas dans la bonne direction. Tenez le cap !

    • Je crois que cette fois-ci, nous sommes effectivement 2 à avoir pris la mesure des efforts à fournir, à avoir admis que rien n’était acquis et que nous avions du pain sur la planche. Du coup, nous sommes forcément sur la bonne voie.
      Merci pour ton message et bonne quête à toi aussi 🙂

  11. Oh là là comme tu me parles, nous avons commencé une thérapie de couple il y a 1 mois, nous avons eu déjà 3 séances, elle vient à domicile donc génial côté gestion des puces. Nous commençons doucement à mettre en place des petites choses pour se retrouver, nous retrouver car l’un comme l’autre et tout comme vous, nous sommes certains que l’amour est encore là, juste enfoui, il faut creuser, le déterrer, lui redonner sa place, sa vie …

  12. On en est exactement là : bébé1 a 3 ans, bébé2 10 mois, aucune envie de se séparer parce qu’on sait qu’on s’aime au fond, que la flamme reviendra mais quand ? Au mieux on est dans l’indifférence, au pire dans les disputes pendant des semaines mais quand je me remémore mes journées, ce long marathon ininterrompu, où trouver encore de l’énergie le soir pour s’occuper de l’autre ? C’est dur dur…
    Ce qui me rassure c’est que je me dis qu’il ne peut pas en être autrement. Que notre concept de couple est récent, qu’auparavant on n’attendait pas de son couple l’épanouissement ou la compréhension. Je sais aussi que c’est le prix (j’espère momentané) à payer pour une éducation où l’enfant a toute sa place et son importance. Autour de moi, ceux qui maternent moins ont plus de temps pour eux.

    On avait dit qu’aux 1 an de la petite on sortirait un soir par semaine pour se retrouver. Mais elle ne s’endort pas seule et je me vois mal dire à la baby-sitter qu’il faut pour l’endormir la bercer avec son petit doigt dans la bouche :-).
    Du coup, on est en plein questionnement pour un petit 3ème : évidemment là les nuits sont hachées menu donc je n’en ai aucune envie. Mais je sais que pour moi aussi l’envie est là, tapie toute proche. Mais est-ce une bonne idée ? Ou alors est-ce que ça sonnera le glas de ce qui reste de notre couple (en plus de retarder encore de 3 bonnes années tous mes projets de balades, voyages, en famille bien sûr, mais si difficile avec un tout petit) ?

    Voilà voilà, tu n’es pas seule 🙂

  13. Oui bon… La question aussi c’est ET LE SEXE alors? 😉
    (Vu que tu es complètement anonyme tu peux aborder ça frontale ment, Ouh la chanceuse!)

    Je pense qu’il y a quelque chose d’important à maintenir après la naissance d’un bébé, c’est le contact physique/sensuel/sexuel avec son mari.
    À chacune son rythme pour y revenir, mais, à mon humble avis, la complicité physique doit s’entretenir, car plus on s. éloigne et plus on s’habitue à la distance. Pas forcément en faisant l’amour 7 fois par semaine mais en ayant des échanges affectueux physiquement.
    Personnellement, j’ai vraiment la sensation que quand les relations sexuelles sont chouettes et satisfaisantes, ça donne de la légèreté à la relation dans son ensemble. Ça permet de relativiser, de sentir en connexion, donc bien armé pour négocier les broutilles du quotidien ensuite.

    Personnellement toujours, j’ai, après mes 3 bébés, à chaque fois voulu très vite retrouver ma féminité et sentir que mon mari était attiré par moi. Même si ma libido n’était pas forcément au plus haut (fatigue, etc…), j’avais l’envie d’avoir envie.
    Et c’est en forgeant qu’on devient forgeron… Parfois je me motivais un peu intérieurement (« allez ma grande, plutôt que de rêver de bouquiner ou prendre un bain, pense à partager un peu de ton temps à retrouver les plaisirs de la chair, et ensuite tu profiteras encore mieux de ton bain » ;-)… Et au final, vu que je ne regrettais JAMAIS, l’envie est revenue tranquillement.
    (Bien évidemment si une femme n’a plus du tout envie pour des raisons qui lui sont propres, il ne faut pas qu’elle se force. Je parle plutôt du cas où une femme aime son mari aimerait bien que ça s’arrange mais n’y arrive plus.)

    En fait on prend la sexualité comme quelque chose de fun: un petit jeu, un truc sympa, un moment de détente regulier dont on sait qu’il va nous faire le plus grand bien… Et ensuite chacun peut se retrouver avec lui-même autour d’un bouquin ou sur un écran.
    Tu vas peut être trouver ça artificiel mais je trouve pas mal l’idée de « planifier »: une fois qu’on a des enfants, sincèrement… On peut se laisser déborder tout le temps et ne plus avoir une minute à consacrer à son couple. Sauf si on décide de le faire passer en priorité à certaines moments.
    Et comme pour la nourriture, où on ne mange pas quand on en a envie mais à des heures fixes, eh bien j’aime bien l’idée de prévoir une plage horaire réservée au couple/sexe/câlin.
    Par exemple, un soir par semaine, vous instaurez la règle de zéro écran, au lit à 21h pour papoter, se faire un massage, prendre un bain… Un moment de vraie connexion à deux.
    Même si vous avez l’impression que vous avez mieux à faire, que vous n’aurez pas envie, etc… Essayez de vous tenir à la règle, pour le bien de votre couple. Et je suis sûre qu’après, vous ne le regretterez pas.

    La spontanéité, c’est un peu fini une fois qu’on est parents. Ce n’est pas triste, il faut juste l’admettre et s’y adapter. Et savoir qu’on a un RDv « amour » à des moments réguliers permet de s’y préparer, d’y penser, d’imaginer… Je trouve ça très positif pour le couple.

    C’est un peu comme ça qu’on fonctionne maintenant (même si il y a aussi de la place à la spontanéité), et franchement on se dit souvent que notre couple est plus épanoui -notamment sexuellement- qu’avant d’avoir des enfants! Parceque forcément, on a passé plus de temps à parler de ça, de nos besoins, de comment se retrouver, etc… Ça crée encore plus de complcité.
    Et surtout le maître mot dans l’histoire c’est LEGEReTe! (Et humour)
    En rigolant et en dédramatisant, on se retrouve…

    Qu’en penses tu?

    • Je suis peut-être anonyme en apparence mais plus tant que ça vis à vis de nombreux lecteurs 🙂
      Je suis tout à fait d’accord avec toi. Sincèrement, je m’en fous de devoir planifier ma vie amoureuse et sexuelle si ça peut juste lui permettre d’exister ! J’avais suggéré une soirée par semaine sans écran à Mr Sioux il y a plusieurs mois… et rien ne s’est jamais mis en place. Du coup, je pense qu’avec une aide extérieure, on avancera mieux, ça va nous coacher dans nos retrouvailles en quelque sorte. Ca a aussi permis à mon homme de comprendre à quel point je ne me satisfaisais plus de la situation et que nous allions dans le mur, selon moi.
      A chaque couple / famille ses difficultés mais comme tu dis, on s’est trop laissés débordés par le temps accordé aux enfants + à la logistique ménagère. C’est propre à notre façon d’être parents aussi, tellement entièrement que nous ne sommes plus que ça – ce qui n’est bon pour personne, pas même pour les enfants.
      C’est tout un parcours à reprendre partiellement en sens inverse pour trouver un chemin parallèle qui différera juste ce qu’il faut pour offrir à notre couple la place qu’il mérite.
      Merci pour ton témoignage, je suis convaincue que c’est la meilleure façon de tout équilibrer 🙂 (et il vaut mieux que l’on atteigne cet équilibre et qu’on le stabilise avant de penser au 3e, à vrai dire…!)

    • « à chaque fois voulu très vite retrouver ma féminité et sentir que mon mari était attiré par moi. Même si ma libido n’était pas forcément au plus haut (fatigue, etc…), j’avais l’envie d’avoir envie. »

      => et quand c’est le « mari » dont la libido est en berne ?
      Parce que, je passe sur le côté « féminité » dont nous n’avons pas la même définition 🙂 mais je tique sur le fait que cela peut bien être le père qui a un désir émoussé. Que fait-il lui ?

    • J’ajoute que par ailleurs, je trouve ton conseil de prendre du temps pour le couple et le sensuel, sans forcément être sexuel en première intention, et même en le planifiant, est très intéressant et pertinent.

  14. … tellement vrai ! Je nous retrouve complètement dans votre histoire !
    Mais j’ai l’impression que c’est un peu l’histoire de tous les couples de jeunes parents, que ce n’est pas rare de passer par ces difficultés.
    Hélas, on n’en parle pas assez, que ce soit avec les amis (parce qu’on a peur d’être jugé. Alors que quand on ose aborder le sujet, on réalise qu’on est tous à mettre dans le même panier), ou même parfois dans le couple lui même (parce que oui, parfois c’est plus facile d’être planqué derrière son écran, je suis d’accord. Ou parce que le mâle peut avoir peur d’affronter les réalités !).
    Quoiqu’il en soit, vous avez vu le problème et vous prenez les choses en main ! Je vous souhaite que tout finisse bien !
    En tout cas, merci de mettre des mots sur tout ça…

  15. Merci pour cet article, dans lequel je me retrouve complètement! (une fois de plus!)

    C’est une super bonne idée la soirée à 21h pour se retrouver. J’ai lu récemment, mais je ne sais plus où, que d’un point de vue physiologique, faire l’amour permettait d’émettre de l’ocytocine, hormone de l’attachement, .C’est l’ocytocine qui permettrait de surmonter tous les petits conflits pénibles du quotidiens, les habitudes de l’autre qui nous hérissent le poil, les agacements en tous genres. J’y pense car ça va exactement dans le sen d’un des commentaires, et quand j’avais lu cette histoire d’ocytocine, ça m’avait sciée, je l’associais uniquement à la relation mère-bébé, notamment lors de l’accouchement et de l’allaitement.

    Pour ma part, j’ai proposé qu’on se retrouve pour un déjeuner mensuel (près de mon travail), nos emplois du temps nous le permettant. Déjà je suis déçue car il n’y a que moi qui est moteur à chaque fois. Selon les périodes, je sens que ça peut le soûler de casser sa journée en deux, ou qu’en tout cas ce n’est pas avec énormément d’enthousiasme. Donc bof. Finalement ce n’était peut être pas la bonne formule.
    Lui ne propose rien et en revanche se prend du temps pour lui, et malgré moi je sens l’amertume. Nos enfants ont 3 ans et 18 mois, et depuis septembre il refait du foot, avec 2 entrainements par semaine+ match le dimanche. Donc autant de temps seule avec les petits, et encore moins de temps à 4 et à 2, car 2 soirées par semaine où on ne fait que se croiser.
    Encore avant, quand l’aîné avait 10 mois, grosse crise de couple, si je n’avais pas pris l’initiative de parler, lui ne l’aurait jamais fait.

    Bref, de l’amour, mais une communication très mauvaise, des rancoeurs (pour ma part lui je ne sais pas), envie de trouver des idées, puis énervement d’être la seule à essayer de se bouger. Lui, aucun crédit envers un psy.

    Il semble que l’arrivée des enfant est d’autant plus dure qu’on a longtemps vécu en couple sans enfant (pour nous 8 ans, et on s’est connus à 19/20 ans)

  16. Je crois que beaucoup de couples passent par là …
    Je crois que l’amour ne fait que se transformer au fil des années, certes la passion n’est plus là peut être que l’amour devient un brin fraternel … et ? ça reste malgré tout de l’amour non ???

    Je pense qu’il faut accepter que l’amour … la vie évolue …

    En tout cas très bel article !!!
    A bientôt et merci d’être passée par chez moi ^^

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