Journal de sensations #141204

La musique remplit l’habitacle. Je suis comme sourde, je n’entends plus le crissement de mes mains sur le volant, ni le clignotant que j’enclenche puis qui saute. La déconnexion auditive me fait l’effet de flotter, je conduis comme dans un rêve.

Il fait nuit, je suis la dernière à rentrer, un petit sentiment de liberté souffle sur mes heures. Je passe devant l’école, même les dos d’âne sont muets. Seules comptent les vibrations, les mots. Cette chanson enivrante à plein régime… encore elle :

Cause I’m on top of the world…

***

Et c’est là, sous la douche où mes pensées s’envolent toujours et où je me repasse les dernières heures que je me sens soudain assaillie. Il suffit de trois journées un peu plus riche que d’habitude en rencontres, une effervescence bienvenue mais qui laisse toujours un goût incertain quand l’exaltation retombe. Seule avec soi-même.

Et puis ces vies, ces mots, ces échanges, ces ressenties évoqués que j’ai absorbés. Je me sens foisonnante de ces rapports humains mais saturée surtout. Incapable d’ordonner autant de vécus et toutes les envies qui en découlent, tous les retentissements que cela génère en mon for intérieur. Je dois parvenir à ouvrir mon esprit, à les exfiltrer juste ce qu’il faut pour m’enrichir puis me réappartenir.

Je ferme le robinet. Il entre. Je m’essuie, je lui réponds. Retour à la matérialité.

Je me glisse dans le lit. Le temps de tout déposer dans un carnet et ma tête est posée, enfin.

Un souffle. Le sommeil. Le cerveau en veille, enfin.

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