Ils font mes jours

En ce moment, son histoire du soir préférée, c’est Rosetta Banana n’est pas cracra. Une histoire qui, sous des dehors humoristiques, parle de préjugés et propose une solution à l’enfant en difficulté, pour ouvrir l’esprit de ses camarades. Elle, elle s’amuse beaucoup à imiter les animaux de Qui m’a fait ce bisou ?.

2014.06 livres du soir

Souvent, Pti Tonique « s’ennuiiie ». A longueur de journée en fait. Il ne sait pas quoi faire, mamaaaan. Et il réclame beaucoup de dessins animés.
Robocar Poli a supplanté Petit Ours Brun dans le rayon des dessins animés courts qu’on peut doser et passer à différents moments-clés de la journée.
Au début, j’aimais bien cet univers mignonnet débordant de bons sentiments et de bienveillance pour son prochain. Puis j’ai écouté plus attentivement le générique et là, bam : bonjour les stéréotypes de genre, comme d’hab… Les personnages masculins sont forts et courageux, le personnage féminin est « gentille, c’est merveilleux » (et puis c’est une ambulance, celle qui prodigue les bons soins maternels quoi – stop, fermez les clichés).
Ce qui compense – et qui me fait sourire, c’est que Pti Tonique dit  » elle » en parlant d’Héli, l’hélicoptère de secours (qui est un personnage masculin dans l’histoire). (Ça se termine en i, comme Lucie et Flavie après tout)

Je suis déjà passée en mode « 2 et 4 ans », par facilité, quand on me demande l’âge de mes enfants.
Pourtant, l’Iroquoise n’aura 2 ans que dans un peu plus d’un mois. Et je ne suis pas sûre que Pti Tonique ait réalisé que sa soeur fêterait son anniversaire avant lui – lui qui est si pressé d’organiser le sien, « avec toooute la famille, comme l’année dernière, hein maman ?« . Nous ferons sa première fête d’anniversaire avec moult copains fin août. Priez pour nous.

Elle, c’est une comédienne née. Pas dans le sens « capricieuse » où on l’entend souvent – l’expression m’exaspère quand elle est employée en ce sens. Non, l’Iroquoise est un vrai clown. Elle obtient tout avec un sourire. Elle filoute diablement bien avec sa trogne angélique et son âge innocent. Elle répète les mots, imite les expressions, copie les postures et recommence à l’envi tant que nos rires et nos émotions lui font écho.

« Ah bon ? » reprend-elle, une main sur la hanche et l’intonation forcée, imitant sa nounou.

Et depuis 2 jours, elle me répond « ouais » en lieu et place de « oui ». Je ne sais pas qui lui a inspiré ça. Enfin, moi, je le dis souvent mais elle ne m’avait jamais imitée jusque là. Alors je la reprends, je lui dis que « ouais », c’est pas très joli, on dit « oui ». Elle me répond « ouais ». Son frère la reprend, elle lui répond « ouais ». Elle a l’air de jubiler. Je la reprends 3 fois de suite en rigolant et elle finit par me dire « ui ui ». Avec sa petite voix si mignonne et sa mini bouche en cul de poule… J’ai envie de la bouffer !

ils font mes jours - pissenlits effeuillés

Elle adore la nouveauté, elle aime essayer. Les nouveaux habits ne la laissent pas indifférente, elle teste les chaussures de tout le monde et marcherait bien avec des tongs pointure 42 si ce n’était pas aussi casse-gu*ule.

Lui, il invente chaque semaine une nouvelle phobie vestimentaire : un t-shirt qu’il ne veut plus mettre, des gilets neufs qu’il refuse de porter, l’impossibilité d’enfiler un pull sur un t-shirt à manches courtes à cause du contact avec ses bras nus… Voilà qui occupe bien ses parents.

Depuis un bon moment, on la couchait avec une facilité déconcertante. Elle se tournait, attrapait son doudou et s’endormait en silence, paisiblement. Mais depuis que les réveils nocturnes ont fortement diminué, elle est excitée le soir, elle râle un peu, beaucoup, elle se met parfois à pleurer, elle proteste.

Je ne vois pas particulièrement venir le Terrible Two – oui, je regretterai sûrement d’avoir écrit ça dans quelques semaines. Il est clair qu’elle s’autonomise et s’oppose mais cela me semble se faire naturellement, sans heurt particulier. C’est certainement différent quand on n’est pas focalisé sur un seul enfant, quand l’aîné joue aussi un rôle, d’une certaine façon : qu’il explique à sa sœur, qu’il proteste de concert, qu’il fait la paire.

Il y a un peu plus d’une semaine, il a eu une sorte de révélation en goûtant à mes tartines de pain beurrées confiturées du matin. Depuis, il clame qu’il ne boit plus de biberon (habituellement 300 ml de lait avec céréales) et qu’il mange des tartines, lui. Non mais. Parce que c’est un grand tu vois. (Mais ça va pas arranger nos affaires côté apports hydriques vu le peu de liquide qu’il boit dans la journée. Bref).

Quand on doit partir, il lui dit :

Allez l’Iroquoise, mets tes chaussures et après je te les attache.

Et elle s’exécute consciencieusement. Il enfile rapidement les siennes puis vient s’agenouiller devant elle pour l’aider. Ils sont bluffants, ils m’émeuvent. Il y a des fois où je n’ai plus rien à faire (du coup j’en profite pour me re-re-tordre la cheville mais bref).

Leurs interactions sont touchantes à observer : la solidarité plus que les chamailleries, j’avoue. Et puis je dis : « c’est pas possible, on se lave tout de suite et on sort du bain si vous ne pouvez pas vous partager les jouets sans qu’il y ait de pleurs » (oui je menace desfois, pas bien)… et pendant que j’étais partie chercher de quoi contenter l’enfant lésé, l’autre lui a donné l’objet convoité et s’arrange autrement.

C’est bon maman : regarde, je lui ai donné.

Les deux stars avec leurs lunettes de soleil sur le transat, côte à côte, qui demandent à ce que je les balance. Côte à côte dans le chariot-camion de la grande surface, à se disputer le volant tout en étant super fiers d’être là ensemble, de laisser une place à l’autre.

ils font mes jours - transat

A 18h30 le mercredi, quand je leur crie « Attention, papa arrive !« , ils courent se cacher. Leur père entre, il me demande où ils sont. Je réponds « je ne sais pas, cherche !« . Il part en quête de ses petits bouts, sans se presser. Et tout à coup, il les découvre assis côte à côte par terre dans la cuisine, avec un bout de cookie à la main, chapardé juste avant sur la table, et la bouche barbouillée de chocolat. Il s’écrie « mais vous êtes là mes crapules !« . Les deux rigolent, se lèvent et passent devant lui en criant, pour rejoindre leurs porteurs et partir complètement excités rouler à travers le salon sur leurs camions.

Les deux chenapans complices.

Elles avec ses anglaises blondes et sa bouille de crapule, lui avec son regard malicieux et son corps de petit garçon devenu grand.

Nos deux enfants.

Qui nous font fondre.

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6 réflexions sur “Ils font mes jours”

  1. Comme ce récit déborde d’amour ! Emouvant à lire, merci d’avoir partagé ce morceau de vie 🙂

    • Merci d’avoir pris le temps de le commenter 🙂
      C’est bien de prendre des notes pour se rappeler ces petits moments / leurs périodes particulières, que l’on oublie si vite.

  2. Je découvre ce blog (via les Vendredis Intellos) et je sens que je vais y revenir ! Mes petitous ont également 2 et 4 ans (quasiment et demi pour les deux, les naissances se font en hiver chez nous !) et forcément je leur trouve beaucoup de points communs avec les tiens. La complicité entre frère et soeur, les ruses pour raccourcir les siestes, les énervements à canaliser et les moments de tendresse c’est chouette aussi à lire chez les autres ! 🙂

  3. Pingback : "Elle est née une demi-heure après", il y a 2 ans | Madame Sioux

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