La non grossesse

Depuis 2010, j’ai eu l’habitude, par deux fois, de porter la vie en moi au printemps et de fêter mon anniversaire (début juillet) enceinte jusqu’aux yeux.

A tel point qu’il y a peu, ma mère m’a lancé un :

Bin alors, pas d’accouchement cet été ?! Tu relâches le rythme !

Tu m’étonnes que je relâche le rythme. Un bébé tous les 2 ans, hem, comment dire… Non ! A la rigueur, si c’était juste l’accouchement, je dis pas.

Enfin, elle le sait, elle plaisante, vu l’état dans lequel j’étais encore il y a quelques mois. Et je ne suis pas totalement guérie (ça me parle beaucoup quand Mother Earth évoque l’état de nerfs dans lequel chacun des pleurs de son fils la replonge après la très difficile 1ère année qu’ils ont vécue ensemble) quand je vois combien je m’énerve facilement en ce moment. Comme si je réclamais aujourd’hui une compensation pour tout ce que j’ai (trop ?) donné. Mais ça n’a pas à être le problème et je me détesterais de demander un jour à mes enfants ceci ou cela « après tout ce que j’ai fait pour vous » (cette phrase horrible !).

Je suis donc en quête d’un délicat équilibre, où il ne faudrait pas passer d’un « tout pour l’enfant » (et rien pour l’adulte ni le couple) à un agacement systématique à la moindre de leurs manifestations difficiles. Mais les choses se recalent peu à peu, le couple se reforme, les petites attentions renaissent, les enfants voient régulièrement leur mère s’absenter par ci par là et revivre, tandis qu’ils renforcent chaque jour davantage leur proximité fraternelle et le sentiment de pouvoir compter l’un sur l’autre.

Choupitude power

Choupitude power

***

Je disais donc qu’en 2010 et 2012, à 2 semaines près, j’ai vécu le même stade de mes grossesses au même moment.
Comme je l’avais un jour évoqué dans ce billet : Souvenirs de grossesse printanière, c’est fou comme à présent, chaque trajet matinal en voiture au printemps, éclairé par le soleil naissant, me renvoie à ces sensations de grossesse…

A tel point que je m’étonne parfois, en traversant la campagne fraîche et ensommeillée, promesse d’une journée chaude et claire, de ne pas pouvoir caresser en même temps mon ventre bien rond.

La suite à la prochaine année paire ?

campagne iséroise

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9 réflexions sur “La non grossesse”

  1. Je suis un peu comme toi, l’envie d’avoir un ventre rond à caresser me manque alors que je ne suis pas du tout prête en avoir un autre, la poulette n’aura que 9 mois jeudi !!! J’espère que 2016 sera l’année du 3ème pour toi, je sais que tu en as envie même si pour le moment tu as surtout envie de te retrouver et te retrouver ta vie de femme en plus de celle de maman.

  2. Merci pour ce message aussi intime qu’universel. Je me retrouve tout à fait dans cette recherche de l’équilibre entre le « tout-pour-l’enfant-et-rien-pour-l’adulte-ni-le-couple » et le « zéro-de-patience-je-crie-au-quart-de-tour-laissez-moi-j’ai-besoin-de-solitude!!!! »
    Ce qui m’agace et m’attriste également, c’est de devoir composer avec les conflits entre mes filles, qui, au contraire de tes enfants, ne renforcent pas du tout leur proximité, leur complicité fraternelle. Elles semblent être dans une rivalité qui perdure. La grande, plus que la petite, verbalise et agresse. La petite, qui ne parle pas encore, s’exprime tout autant avec son corps… Parfois, ça me me décourage, moi qui rêvait d’une belle complicité de soeurs. Mais je sais alors que je suis déjà dans le tort de la projection et que les affinités entre frères et soeurs ne se commandent pas…Mais que ça m’épuise ! Alors de 3e, ici non plus, pas prévu. J’aurais très envie de vivre une 3e grossesse et de pouvoir faire profiter un « petit dernier » de mon assurance dans mon rôle de mère mais je crois qu’il me faudra bien veiller à respecter mes propres limites et celles de mon couple, pour pouvoir mieux le préserver…

    • J’ai failli écrire un billet qui s’appellerait « lâchez-moi ! » l’autre jour 🙂 C’est dur de réajuster quand nos besoins se font sentir aussi violemment tout à coup.
      Tu sais, ici aussi, on a des chamailleries plusieurs fois par jour parce que les 2 veulent le même jouet, que le grand pousse la petite et que la petite envoie un coup de balai en plastique au grand (ne pas rire)… Mais globalement, je les sens attachés et en quête l’un de l’autre, plusieurs fois par jour. Moi, ce qui me pose le plus problème, c’est l’éternel dilemme « intervenir / ne pas intervenir ».
      En ce qui concerne tes filles, as-tu déjà lu le livre de Faber et Mazlish sur les conflits dans la fratrie ? (on en parlait brièvement ici : http://parents2point0.wordpress.com/2014/04/11/groupe-parents-2-0-lyon-les-relations-dans-la-fratrie/)
      La rivalité, c’est quand chacun a peur de ne pas avoir sa part d’amour des parents. C’est un peu inévitable au début, quand le 2e vient bousculer la suprématie du 1er mais ça se tasse petit à petit quand chacun redéfinit sa place et voit qu’il a gagné un compagnon de jeu (et un partenaire de résistance face aux parents !!). Elle a quel âge ta petite ?

  3. Encore un billet qui fait écho.
    Une compensation pour ce que j’ai donné… Ces trois dernières années ont été tellement intenses, entre les grossesses, les allaitements, les nuits pourries et le reste souvent invisible mais nécessaire au fonctionnement du quotidien.
    Pas évident à faire comprendre à Mister que j’ai besoin de souffler davantage alors qu’il a peu de temps pour lui, à fond au boulot… Compter encore les points parfois, moins souvent, heureusement.
    Et peu à peu ils grandissent, on se recale et je me surprends même à me dire que c’est passé vite (alors qu’en fait euh…)

    • Ahah, limite moi aussi je me dirais que c’est passé vite parfois… la nature est bien faite, elle sait comment faire pour qu’on continue à perpétuer l’espèce !!!
      Mais oui, compensation ou pas, après avoir tant donné, même si c’était aussi sincère que possible, l’envie de vivre pour soi (un minimum) ressurgit et c’est un peu violent à caler dans le quotidien. 🙂

  4. Je refais un petit commentaire car nous avons appris hier soir le 4ème bébé pour le meilleur ami de l’Homme. Ils ont déjà 3 garçons et entre chaque enfant il y a 18-20 mois d’écart et là je dis chapeau bas à la maman car depuis septembre 2009, date du 1er, elle n’a jamais arrêté d’allaiter enchainant les 3 loulous, moi j’avoue que je n’en pourrais plus au bout d’un moment….et puis le meilleur ami nous avouait être épuisé, sa femme aussi, mais cela ne les a pas arrêtés, est-ce le secret d’une grande famille ??? Aller au delà de sa fatigue et de ses envies et attendre qu’ils soient grands pour avoir le temps … je ne sais pas, ça me laisse songeuse et perplexe

  5. ça fait 2000 ans que je n’ai pas commenté ici… oups la vie passe trop vite ;). J’ai aussi cette nostalgie de la grossesse avec toutes les mamans enceintes ou avec un tout petit que je croise en amenant Miss2 à la maternelle, j’étais comme elles quand Miss1 était en PS… Mais le retour des nuits pourries NO WAY !!! Demain, je vais aller voir mon mini neveu qui a 15 jours… et je sens que je vais être toute guimauve en rentrant, en mode « Pleeeeease un p’tit n°3 » 😉 !

    • C’est terrible cette envie qui revient régulièrement, plus ou moins forte. Ca recommence tout doucement à faire le yoyo pour moi… Mais les nuits, le manque de sommeil, ça me ramène direct à la réalité. C’est encore bien trop présent pour que je puisse craquer.
      Merci d’être repassée par ici 🙂

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