La rentrée et l’opportunité

Sur fond de potager, nous les avons enjoints à poser pour le traditionnel cliché : grande section et CE1. Ils seront tous deux côté primaire cette année : la maternelle est saturée et il y a donc des doubles niveaux GS/CP. C’est ce qui explique le cartable de (très) grande de l’Iroquoise, pour ramener les classeurs quelques fois dans l’année car déjà, ils vont commencer à fonctionner un peu comme les CP et nous avions même quelques fournitures à acheter…

Voilà un changement qui devrait nous faire gagner du temps pour les déposer le matin : on échappera au déshabillage, pipi, enfilage de chaussons, mise d’étiquette prénom, hésitations au seuil de la classe, retour pour un énième bisou et câlin avec parfois une difficulté à se séparer… Ils iront rejoindre les copains dans la cour en attendant la sonnerie.

Je fais également ma rentrée, trèèèès progressive, au gré des sessions d’adaptation quotidiennes de la mini squaw chez les SuperNounous. Ma petite dodue de 5 mois passés, du moment qu’elle n’est pas fatiguée, est un bébé plutôt facile et adaptable, qui joue calmement en observant attentivement son environnement. Cela se passe donc bien, hormis que comme son aînée – même si de façon moins démonstrative, à la mesure de son propre tempérament – elle n’est pas franchement fan du concept du biberon. Il semble aussi que sur de courtes plages de 3 ou 4h, elle parvienne facilement à tenir sur ses réserves, ce qui n’incite pas à se jeter sur une tétine en plastique en désespoir de cause. Nous allons entamer la phase diversification, ce qui limitera aussi l’enjeu de la prise lactée. Nous nous adaptons donc, d’autant plus que j’en ai la possibilité pour l’instant.

la rentrée bébé en mouvement

Une rentrée en mouvement

Pour l’instant, mais plus pour très longtemps non plus…

L’opportunité inattendue

Début août, j’ai en effet reçu un appel d’un prospect. Mais un prospect un peu particulier puisqu’il a proposé… de m’embaucher ! Après plusieurs semaines d’échanges, de réflexion de mon côté et une mission ayant quelque peu valeur de test, j’ai décidé d’accepter cette proposition. Je dois prendre mes fonctions début octobre.

Je ne sais plus si j’en ai parlé ici mais je l’ai fait un peu sur les réseaux : en début d’année, j’étais sur les rotules et j’avais de plus en plus de mal à supporter le stress et les délais inhérents à mon statut de freelance. Ce problème était principalement lié à l’une de mes activités, la rédaction de comptes rendus de réunion professionnels, que j’ai décidé d’arrêter. Toutefois, j’ai retrouvé, en acceptant une mission test fin août tout en gardant la mini squaw, ce sentiment d’urgence et de préoccupation permanente en tâche de fond (« quand elle dormira, je pourrai avancer », « tiens, elle a l’air de jouer tranquillement, je vais essayer de rédiger une page de plus vite fait », « pourvu qu’elle s’endorme facilement ce soir pour que je puisse continuer », etc) qui me pèse, de plus en plus.

Il est assez difficile de me dire que si tout se passe bien, d’ici la fin de l’année 2017, l’activité que je me suis efforcée de bâtir depuis 4 ans prendra fin. Mais je suis aussi assez impatiente à l’idée de retrouver des soirées et des week-ends où j’aurai l’esprit libre, seulement consacré à ma vie personnelle. Je suis réaliste, je me doute que le travail me préoccupera bien de temps en temps, comme tout le monde, mais d’une façon différente que lorsque tout dépend de soi seule, que l’on sait devoir travailler jusqu’à 3h du mat une fois les enfants couchés…

Pour me consoler, me rassurer, rester sereine avec mon choix, je me dis, comme me l’a fait remarquer une personne avec qui j’en ai beaucoup discuté, que l’avantage, c’est que je n’hésite pas à changer lorsqu’une activité ne me convient plus. Alors si celle-ci me tente, je vais aller l’explorer pleinement, m’enrichir et apprendre tout ce que je sais pouvoir en tirer, m’y épanouir autant que faire ce peut. Pour la suite, nous verrons bien. Il s’est déjà passé tellement de choses que je n’aurais pas imaginées, depuis le début officiel de ma vie professionnelle en 2008, que je ne crois pas avoir de carrière toute tracée, de toutes façons (de même que la plupart des travailleurs de nos jours) !

Imaginer une nouvelle logistique

Ma principale inquiétude est logistique. Il va falloir composer avec une plus grande rigidité horaire pour l’organisation familiale, notamment les horaires d’école et la gestion des imprévus microbiens. Mon employeur semble humain et adaptable mais je ne suis plus habituée aux horaires fixes ou à devoir négocier une absence inopinée.

Le point positif, c’est que je reste sur le rythme prévu : je ne travaillerai que 2 jours par semaine cette année. Je reste avec ma mini squaw et disponible pour les grands les 3 autres jours de la semaine, notamment ce fameux mercredi à nouveau libéré. Un mercredi dont l’après-midi sera par ailleurs bien occupée. Après le judo et le tennis, nous démarrons une année d’activités périscolaires en mode 100% stéréotypes : ils ont choisi la danse et le foot. Les deux activités s’enchaînent, avec une heure de pause pour le goûter mais il ne sera plus possible de caler un moment avec les copains, ces mercredis 2017-2018. Ainsi, tandis que ma fille a passé la première séance a essayé de vaincre sa peur de se mouvoir devant un groupe, mon fils tente de se faire une place dans un groupe quelque peu préétabli mais avec la fierté de ses nouveaux équipements et de faire comme papa. Et moi ? Moi je me retrouve au bord d’un terrain de foot, le genre d’endroit où je me suis appliquée à ne jamais aller depuis environ 33 ans, élevée par une famille résolument « anti-foot ». La poussette dans une main pour endormir la mini squaw, le téléphone dans l’autre pour immortaliser l’enfant et le ciel, les yeux aux aguets de l’Iroquoise sauvage qui fait feu de tout bois dans ce grand espace de liberté (barrière à cochon pendu, sable jeté en l’air et retombant façon shampooing de poussière, brosses géantes trop marrantes pour se frotter les chaussures et dérapages herbeux à coup de legging…).

stade de foot et ciel

Cette rentrée apporte donc un peu de mouvement dans l’ordre établi, dans les projections qui étaient forcément faites pour évoluer et dans les envies de chacun. Pour parachever le bilan, je retiens que 5 mois et demi après l’arrivée de notre mini squaw, je commence à retrouver doucement l’envie de cuisiner, je rentre ENFIN dans mes vrais pantalons d’avant grossesse (petite danse de la joie cette semaine !), je vais commencer un nouveau travail stimulant ET à mon rythme, je baigne déjà dans les virus et les montagnes de mouchoirs en papier et de nez bouchés, … En somme, je continue de jouer l’équilibre entre planifier, écouter, profiter, projeter, faire avec, essayer, craquer, garder la tête hors de l’eau, mesurer notre chance, fondre d’amour et regarder droit devant.

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5 réflexions sur “La rentrée et l’opportunité”

  1. En somme, des bonnes nouvelles car un choix fait est une bonne nouvelle !
    Tu vas goûter aux joies (bof) des matins minutés au cordeau, et je suis sûre que vous allez trouver votre routine.

  2. Mais cesse-t-on un jour ce jeu d’équilibre… je n’ai toujours pas trouvé comment et plus ça va plus je pense que la seule constante c’est le changement, comme disait je ne sais plus qui, et qu’au fond c’est la vie même…

  3. Pingback : A la croisée des envies, juste après les choix de vie – Madame Sioux

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