Le choix de 2017

Elle est revenue, la colère biologique. Grondante sous l’effet de la fatigue et de la pression professionnelle.

Voilà ce que j’écrivais le 18 décembre 2016…

Je suis arrivée aux vacances de Noël dans un tel état d’épuisement et de repoussement de mes limites que j’étais prête à envisager toute solution me permettant de retrouver un rythme de vie plus acceptable. Même le salariat.

Oui, pour la première fois en 3 ans d’activité indépendante, j’ai envisagé l’idée et elle ne me paraissait même pas si dramatique.

D’un côté, je ne pouvais tout de même m’empêcher d’y voir un nouvel échec (l’impression d’être une girouette, de ne jamais savoir quel équilibre me sied vraiment, d’être régulièrement insatisfaisante… bref, une somme de choses peu valorisante à s’auto-exprimer). D’un autre côté, j’étais tout de même prête à considérer l’avantage d’un poste en entreprise qui me rapporterait 3 fois plus d’argent, pour un temps de travail équivalent… mais réparti de façon beaucoup plus traditionnelle sur la journée (c’est-à-dire exit les intenables plages de boulot de type 22h-2h du matin).

M. Sioux m’a tout de suite rappelé que j’employais un peu vite et facilement le terme d’échec, de façon générale et à propos de diverses expériences passées… Et puis il s’est immédiatement mis à me décrire comment il voyait notre organisation familiale potentielle avec deux emplois salariés, les aménagements possibles de nos horaires respectifs, tout ce qui ferait que « c’était jouable ».

A ce moment-là, cela me paraissait d’autant plus envisageable que j’étais tombée sur 2 offres d’emploi aux abords très sympathiques, permettant de voir un effet d’aubaine voire de ressentir un léger plaisir dans ce changement. Je restais tout de même assez peu convaincue de notre capacité à offrir une souplesse et une disponibilité identiques à nos enfants dans ce double contexte professionnel salarié… Tout en admettant qu’avoir une mère moins stressée et ne passant pas ses soirées à s’épuiser sur son ordinateur (après avoir géré la tranche 18h-20h30 dans la seule optique qu’ils aillent vite dormir pour retourner tout aussi vite finir le boulot en retard) pourrait tout autant leur être bénéfique.

Je restais tout de même un peu dubitative, perdue, entre deux eaux… J’espérais que du repos de fin d’année viendrait l’éclaircie dans mes choix et désirs d’équilibrage.

La reprise le 3 janvier, avec une grosse mission peu épanouissante (que je procrastinais au point de reprendre immédiatement les mauvaises habitudes de travail nocturne) combinée à un repos familial très mitigé durant ces congés, nous fit perdre en quelques jours le bénéfice des vacances. Je n’étais pas encore en état d’avoir une révélation, même si une option supplémentaire, jusque là évoquée plutôt sur le ton du badinage, se faisait jour sous un aspect nouveau. En effet, au bout de 6 ans et demi de parentalité, j’envisage pour la toute première fois de prendre un congé parental. Une envie complètement inédite, certainement pas étrangère

Je prends alors les notes suivantes :

Par moments, je m’imagine à la campagne, dans ma jolie ferme rénovée toute de pierre et de bois architecturée, observant les poutres de la grande pièce de vie tout en touillant ma confiture, tandis que le goûter maison des grands achève de cuire dans le four et que la petite dernière gazouille sur son tapis d’éveil non loin de moi, en humant le délicat parfum des cookies en train de lever.

Puis je me vois en entreprise, au poste qui me plairait, mettant mes neurones à l’épreuve chaque jour tout en ayant régulièrement la satisfaction de récolter un peu de reconnaissance et de plaisir du travail bien mené.

Oui oui, j’ai déjà travaillé en entreprise et je sais que j’idéalise grave… autant que la version mère au foyer zen et épanouie d’ailleurs.

Mais voilà, je ne sais toujours pas comment faire pour arrêter de vouloir tout. Rien ne me parait à 100 % satisfaisant.

Et puis les jours filent, le sujet est sérieusement abordé sous ses différents aspects (financier, ouverture de droits, rythme familial, contraintes, vie sociale, durée idéale, réalisme…), je me familiarise avec… Il m’apparaît de plus en plus comme MA solution pour 2017.

Ma solution à un sentiment croissant que l’équilibre trouvé un temps semble ne plus fonctionner, ma solution pour prendre le temps de refaire le point sur mes envies et ambitions professionnelles, ma solution pour prendre le temps, au moins une fois, de profiter sans contrainte majeure (ni tire-lait bi-quotidien !) des premiers mois de vie de mon nouveau-né, ma solution surtout pour enfin savoir sur quoi focaliser mon énergie et mon attention, sans grand écart perpétuel entre « je veux t’accorder cette attention » et « je dois respecter ce délai, c’est incompressible »… le tout pendant 12 mois.

12 mois de répit.

Pas 12 mois de repos, je suis réaliste, je suis déjà mère, hein.

Mais 12 mois où je saurais dans quelle direction regarder et où est ma priorité. Rien que d’y penser, je me sens presque reposée.

Physiquement, ça sera un autre enjeu mais il y a plein de choses à réfléchir et à mettre en place, ce n’est pas encore totalement abouti. Pour moi, il s’agit d’un lâche prise phénoménal (mais j’y reviendrai). On va dire que c’est clair à… 80% ?!

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4 réflexions sur “Le choix de 2017”

  1. En grande pause ici aussi, même si pire d’autres raisons, c’est un vrai soulagement.
    Fonce et profite ,!!

  2. Pingback : La nouvelle vie – Madame Sioux

  3. Pingback : La reprise – Madame Sioux

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