Le poids des mots

J’ai souvent envie d’écrire de petites choses ici mais sans que cela soit très structuré. Il faudrait que j’ouvre un blog d’écriture automatique en fait. Je vais y penser…

Et puis les idées ont tendance à faire ça aussi, les saletés :

ideas brain sleep

Traduction libre : Hey ! Je vois que tu es sur le point de t’endormir. Alors laisse moi quelques minutes pour te balancer les idées les plus géniales que tu n’aies jamais eues, idées que tu auras bien sûr oubliées demain matin.

Mais je pourrais tout de même vous dire…

… combien je trouve douloureux de faire des choix en ce moment. Parce que la liberté en offre tellement que je m’y perds.

… que les petits Sioux grandissent et forgent chaque jour l’alliage de leur complicité et de leur amour, que je voudrais indestructible. Malgré l’agacement instantané et hurlant de Pti Tonique ces derniers temps, lorsque sa soeur s’approche de ses jeux ou le titille un tant soit peu.
Je pourrais aussi vous raconter les soirées difficiles, mes cris, mon exaspération à fleur de peau, fruit d’une trop longue abnégation et dont je guette chaque jour la rémission. Alors que je désire toujours aussi ardemment atteindre cet idéal sûrement trop gros, trop haut, trop encombrant que je me suis fixé et que me renvoie chacun de mes lectures en matière de parentalité.

Et puis il ne faut pas oublier de vous parler de leurs câlins lorsqu’ils se retrouvent après une journée de séparation. De la petite qui observe le grand avec un visage intense et sérieux, qui tend le cou, semblant guetter son humeur et son approbation. Puis qui vient se coller, hésitante, contre son frère adoré. De mon petit garçon qui écarte les bras, avec son air de grande mansuétude, accueillant contre lui la « petite » Iroquoise parce que même si « on est bien » sans elle, il y tient quand même drôlement, à cette petite fille pétillante, toujours prête à rire de ses pitreries et le suivre dans ses délires.

Et puis, je pourrais ajouter…

… que ces rencontres fortuites, au gré de mes récentes pérégrinations, me font sentir vivante, si vivante et entière, et existant autrement que dans mon rôle de mère. Même si l’on trouve aussi, en miroir, les petites désillusions. Parce que j’accorde trop d’importance aux rencontres, moi. Ou juste parce que leur puissance est magnifiée par l’état de renaissance dans lequel je me sens baigner depuis des semaines et qui crée tout autant les conditions de la béatitude que de la chute brutale.

… qu’avoir fait le choix de me concentrer sur le lancement de mon activité m’a fait prendre du recul avec mon blog et ses émanations (comptes Facebook et Twitter), avec le temps accordé à la lecture d’autres blogs, par ricochet. Et que cela m’attriste parce que je sens bien que les liens avec certaines personnes se distendent et que d’autres se questionnent peut-être sur ma non-disponibilité.
Moi qui aime par dessus tout le lien, qui ne me sens jamais plus vivante que lorsque je communique, moi qui ai un besoin vital d’autrui pour vivre et avancer.

… qu’en même pas 4 ans, mon Pti Tonique a assisté à 2 enterrements (sa soeur aussi d’ailleurs mais elle est un peu jeune pour en garder des traces « dicibles » pour l’instant). Que le dernier, il y a 3 jours, l’a forcément marqué un peu plus que le premier. Qu’il a fait des cauchemars chaque nuit depuis. Que cela ne m’inquiète pas outre mesure parce que l’on parle. Que lorsque l’on répondait à ses nombreuses questions techniques sur la défunte et sur la cérémonie, nous n’étions jamais trop sûr de ce qu’il entendait, enregistrait et comprenait. Mais qu’hier, il a demandé à son père :

Papa, quand je serai mort, je pourrai avoir le même arbre que toi pour les cendres ?

Preuve que l’exemple du lieu de dispersion des cendres évoqué par Mr Sioux est resté imprimé très clairement dans son petit cerveau en ébullition, même s’il avait laissé l’explication en suspens pour nous montrer urgemment une grue à béton par la fenêtre de la voiture.

le poids des mots - arbre

… que mon couple renaît tout doucement. A son rythme, mais sûrement, il me semble.

Je n’ai pas envie d’écriture structurée

ou alors je la garde pour les Vendredis Intellos – j’ai d’ailleurs un compte-rendu à faire sur la récente conférence d’Isabelle Brabant à Lyon.

Mais j’ai envie d’écrire, ça oui. J’aimerais trouver la persévérance d’aller au bout d’un projet plus ambitieux et de me sentir, enfin, fière de moi. Satisfaite de mes actes.

J’ai envie de m’aimer.

Un récent exercice chez un professionnel de santé « alternatif » m’a fait réaliser combien il était difficile – en tous cas pour moi – de dire à voix haute (et convaincue) « Je m’aime ». Non pas « je suis imbue de moi-même » mais plutôt Je m’aime telle que je suis. Et de voir comment cela résonnait en nous.

Une phrase tout simple. Et pourtant…

Ca s’appelle le poids des mots.

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6 réflexions sur “Le poids des mots”

  1. J’avoue que j’aime te lire et que ton absence me manque un peu mais je comprends tout à fait que tu te concentres sur toi, ton nouveau travail, ton couple. D’ailleurs, tes billets sont plus personnels et raisonnent encore mieux en moi.
    Ah la complicité entre frère et sœur ou sœurs chez nous, c’est beau à voir, ça m’émeut toujours quand poulette et laloutte se font des bisous-calins, quand la petite appelle sa sœur quand elle rentre de l’école
    Bonne introspection et à très vite
    Bises

  2. Ton article me parle beaucoup 😉 Je suis une formation en sophrologie et forcément, la formation commence … sur soi.
    Le plus dur : la notion d’acceptation de soi sans jugement et avec BIENVEILLANCE.

    Difficile pour une personne qui n’a pas vraiment une capacité à s’apprécier

    Persévère sur ton chemin, avec bienveillance. Soit aussi généreuse avec toi, que ce soit sur tes avancées que sur ce qui prend plus de temps …, soit aussi généreuse avec toi que tu l’es envers autrui. Bonne continuation ! (et merci pour le billet ^^ je me sens moins « seule » dans mon flot de pensées )

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