Le rôle des parents et le droit inaliénable des enfants

Le rôle des parents, c’est d’entourer leur enfant. C’est de les sécuriser, de leur donner confiance et d’absorber pour eux les ondes de choc du monde, le temps qu’ils soient capables de les assimiler et de s’en protéger.

Le rôle des parents, c’est de protéger. Avant tout.

Bien sûr, les parents aussi subissent la vie. Ils font surtout ce qu’ils peuvent, avec ce qu’on leur a donné. Avec la quantité d’obstacles qu’ils rencontrent (licenciement, deuils, maladies, séparation, …) et avec leur capacité à les contourner, les relativiser et se défendre.

Parfois, les parents ne sont pas assez forts. On ne leur a pas donné confiance eux-mêmes et leur propre enfance a parfois fait plus de dégâts que de bienfaits, ils ont poussé de travers. Alors ils n’ont pas la force. Ni d’affronter, ni de comprendre ce qui se joue et il leur arrive de préférer abandonner, de se cacher derrière des artifices qui rendent leur perception de la réalité plus douce.

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Alors par ricochets, au lieu de protéger leurs enfants, ils les endommagent. Ils coupent leur estime naissante et biaisent leur appréhension du monde, ils quêtent l’amour de travers et font peser sur leurs enfants des devoirs surdimensionnés. Comme par exemple celui de les faire se sentir aimés. Cela peut être juste pesant, cela peut être aussi destructeur.

Les parents ne sont pas totalement responsables, on peut leur accorder ça. Ils ont fait ce qu’ils pouvaient avec ce qu’ils avaient. « On ne peut donner que ce qu’on a », en résumé.

Mais les enfants le sont encore moins et ils ne devraient pas porter de dette de naissance les poussant à tout accepter, à tout subir.

Alors je l’apprends, les enfants ont le droit de dire stop. Parce qu’on ne doit pas tout à ses parents, et certainement pas la souffrance.

***

Aujourd’hui, des gens de ma famille mais qui n’ont pas vécu ma vie, qui n’ont pas habité entre les mêmes murs qu’eux et moi pendant 20 ans, se permettent de juger ma mise en retrait. On me dit, on nous dit : « après tout ce qu’il a fait pour vous ». C’est pratique comme discours, ça évite la remise en cause et de questionner le fond.

Aujourd’hui et depuis plusieurs semaines, ma première nourriture est la colère. Elle m’inonde à chaque nouveau rebondissement du drame familial, elle me coupe de ma propre famille (mari et enfants) à chaque fois que je dois batailler intérieurement avec tout ça, elle parasite chaque recoin de ma vie.

Je travaille dur pour la dépasser, pour comprendre ce qui se joue et aboutir à un choix ferme et assuré. Le conditionnement à la culpabilité et au devoir absolu, c’est long à détricoter.

cadenas ouvert porte bois

Aujourd’hui je suis épuisée de voir mon énergie partir chaque jour dans cette situation. Aujourd’hui j’avais besoin de le dire, même à demi-mots. Parce que ça finit par isoler en fait, ces difficultés et ressassements.

Aujourd’hui j’apprends à re-paramétrer ma vision de la situation, de notre relation… et à imposer la distance nécessaire pour que je prenne le temps de réfléchir à ce que je veux en faire.

Je dépose un bout de ça ici et après, j’essaie de reprendre le fil du blog, tout doucement.

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4 réflexions sur “Le rôle des parents et le droit inaliénable des enfants”

  1. Ton article m’a mis la larme a l’oeil Sans doute parce qu’il raisonne particulierement en moi;sans doute parce que je vois ma famille dans celle que tu decris;sans doute parce que j’en suis a la meme etape de ma vie : celle de me mettre a l’ecart…Si tu as besoin d’ echanger sur cette question,n’hesite pas!

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