L’entre-deux

Quelques années après, le matelas était craquelé. Le revêtement avait cédé aux agitations et changes répétés de deux bambins, la mousse du renfort gauche dépassait largement. Elle s’amusait à tirer dessus, lui arrachait méticuleusement les bouts de plastique qui lui passaient sous les yeux. Elle a toujours quelques couches à changer mais nous le faisons déjà fréquemment sur le canapé ou sur le lit.

Nous avons décidé d’enlever, d’emballer et de ranger la table à langer. Le gain de place dans la salle de bains donne l’impression de redécouvrir une pièce de la maison. Ce petit vent de renouveau toujours bon à saisir dans un quotidien nécessairement un peu routinier.

Après la vente il y a quelques semaines de la chaise haute de bébé, la puériculture encombrante cède peu à peu la place dans la maison. Les pièces s’éclaircissent.

Lorsque nous aurons trouvé le lit d’occasion qui nous convient, celui à barreaux quittera la chambre de l’Iroquoise. Il faudra le démonter pour la 1ère fois depuis son assemblage par les mains expertes d’un père en devenir, il y a un peu plus de 4 ans.

Restent les nombreux cartons de vêtements de toutes tailles qui encombrent les placards. Mais ils pourraient resservir, il va falloir s’en accommoder encore quelques années, je le crains.

Leurs chambres ont besoin d’évoluer. Les vacances nous ont montré qu’ils avaient grandi, qu’ils sont enfin capables de jouer seuls dans une autre pièce que celle on l’on se trouve. Peut-être l’occasion pour le salon d’abandonner une partie de sa fonction  de salle de jeux, en transférant dinette, véhicules, peluches et autres jeux de construction à l’étage. Dans les antres de leurs rêves, afin qu’elles deviennent aussi celles de leurs rires et de leur imagination. Commence la quête de nouveaux meubles de rangement, un canapé-lit à débarrasser et une chambre de petite fille à investir.

Des nuits qui en ont enfin le digne nom. Des réveils toujours matinaux mais qui font moins souffrir, puisque l’on redécouvre le luxe d’heures de sommeil ininterrompues. LE véritable luxe de la parentalité.

C’est une belle époque que nous vivons, c’est presque la belle vie.

Il y a eu cette semaine en juillet, qu’ils ont passée seuls chez leurs grands-parents pour la première fois. 5 nuits loin de nous. Un luxe de liberté entre horaires de travail non contraints la journée, sorties, restos à gogo et ciné en soirée.

Subsistent quelques accès d’énervement encore mal contrôlés, vestiges de nerfs longuement mis à l’épreuve, de corps fatigués qui s’acharnent à récupérer et d’un mental qui tente d’imposer le respect des besoins du corps dont il a la charge. Des besoins sans cesse disputés par ceux des enfants, impératifs. Frontière glissante, évoluant quotidiennement, au gré du repos, de l’environnement et des pressions subies par chacun.

entre deux fratrie

Et soudain, au milieu des vacances, de la fatigue des préparatifs puis de la décompression relative – psychologique mais pas physique -, d’étranges symptômes qui questionnent. Jusqu’au retour, l’interrogation ultime, à la limite de la somatisation, avant le verdict. Négatif.

Des sueurs froides mâtinées de curiosité pour l’une, une pointe de déception pour l’autre. Un sujet remis sur le tapis.

C’est le temps de l’équilibre, des retrouvailles en famille et des joies simples.

C’est aussi le retour des grandes questions…

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10 réflexions sur “L’entre-deux”

  1. Ahh ce plaisir des nuits entière !! Ici aussi on semble y être !! Et la grande chambre au grand lit à être déjà validée deux fois, youpi !!! Bonne transition, bonnes questions 😉

    • J’espère que l’Iroquoise ne va pas s’échapper de son grand lit sans barrière quand elle l’aura (ça serait bien son genre)… je croise les doigts !
      Bonne dernière ligne droite pour toi ! (ça s’approche beaucoup là, non ?)

  2. Des projets d’aggrandissement de la famille?
    Chez nous, la question est dans l’air. La fin de l’article m’y fait penser, mais je me trompe peut-être…

      • Comme chez vous, deux, mais l’inverse. Une fille d’abord, puis un garçon. J’aimerais aller jusqu’à quatre. Mais on s’estime déjà très heureux et chanceux avec deux et on verra l’équilibre avec trois, si on a la chance d’accueillir une nouvelle petite personne chez nous…

  3. Je rêve d’une nuit sans réveil …Contente que l’équilibre familial se trouve peu à peu et que la question d’un 3ème surgisse, c’est beau le projet d’un bébé, d’ailleurs marjoliemaman a fait un bel article qui devrait de donner à mon avis encore plus envie …

    • Merci pour la recommandation, tu avais raison, son article est magnifiquement rassurant 🙂
      Les nuits sans réveil, ça a (juste) pris 2 ans ici tu sais… On se demande d’ailleurs ce qui nous prend de vouloir replonger à peine on s’en sort !!!

  4. Prends soin de toi, surtout. (Je repense à tes billets de quand ça n’allait pas fort, avec bébé qui ne dort pas…)

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