Les femmes au travail : estime de soi et épanouissement [mon témoignage 2/2]

 J’ai bien fait de scinder cet article en deux, ça me permet de rebondir sur une remarque faite par un ami sur la partie 1.

Bien sûr tout ce que je dis est éminemment personnel. Car le rapport des femmes au travail, c’est avant tout des histoires et des (non-)choix de vie, des tracés qui ne seront jamais droits et des existences qui s’adaptent, qui se remettent en question sans cesse.

Mais énoncer un constat ne revient pas à stigmatiser. Je ne dis pas que toutes les femmes questionnent leur envie de « faire carrière » dès qu’elles ont un enfant et encore moins qu’il s’agit d’un déterminisme biologique. Je dis que nombre de femmes, avec ou sans enfants (mais avec c’est souvent encore plus marqué), se questionnent sur leur positionnement et leur « valeur » au travail, se demandent pour quoi elles sont vraiment douées… en bref, doutent d’elles-mêmes et de leurs compétences. (C’est pas pour rien qu’on en fait des bouquins !)

Ce n’est pas moi qui le dis mais des études et des spécialistes en gestion de carrière : bien souvent, les femmes attendant d’être sûres d’avoir les compétences nécessaires pour briguer un poste quand les hommes se disent plutôt qu’ils y vont et qu’ils feront les ajustements nécessaires une fois sur place. Ils ont confiance, n’attendent pas qu’on leur confirme leur valeur pour y croire eux-mêmes.

Bien sûr vous pouvez me citer les exemples de votre entourage qui vont à contre courant de ce que je dis, ça existe – des hommes professionnellement timorés et des femmes qui foncent avec assurance. Et heureusement !! Vive les hommes qui prennent des congés parentaux, des 4/5, qui remettent en question leur projet professionnel lorsqu’ils ont des enfants (ou pas), qui décident de bosser à la maison pour être plus disponibles pour la vie de famille ! Vive les femmes qui savent pertinemment où elles veulent arriver et qui n’attendent pas après les autres pour être sûres de ce qu’elles valent ! 

J’ai juste envie de parler à celles qui se cherchent, qui ne se reconnaissant pas ou plus dans ce qu’elles font et qui ont la chance de pouvoir faire évoluer la situation – à l’aide de bilans, formations, remises en question et évolutions de toutes sortes. 

Voyons maintenant la suite de ce que je voulais vous dire…

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Mes objectifs

Dans le cadre de ma reconversion professionnelle récemment achevée, j’ai suivi un parcours de plusieurs mois, que j’ai entièrement pensé et construit moi-même, dont les objectifs étaient les suivants :

  • faire le bilan de mes expériences professionnelles,
  • faire le point sur mes savoirs (universitaires et empiriques) et savoirs-faires,
  • confirmer la faisabilité de mon nouveau projet professionnel et son adéquation avec les susmentionnés savoirs et savoirs-faires,
  • confirmer mon aptitude à travailler en freelance et à gérer seule mon activité (= générer mes propres revenus quoi)
  • me faire accompagner sur les volets juridique, comptable, fiscal, commercial (et d’autres) pour ma création d’entreprise.

J’ai peut-être oublié des choses mais je pense qu’on tient là le principal. Tant qu’à faire une remise à plat, autant le faire totalement et se poser toutes les questions possibles.

brève formation 2

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Les tests : la révélation !

A l’occasion de mon bilan de compétences, j’ai passé plusieurs tests, aux objectifs différents – et moi, j’adooooore les tests ! Surtout quand ils servent vraiment à en apprendre plus sur soi et sa façon de fonctionner (on est loin de « Quel maillot porter cet été ? » ou « Quelle meilleure copine es-tu ? » Bref.).

Ce que je retiens du MBTI par exemple, c’est qu’il y a plusieurs formes d’intelligence, plusieurs façons de recueillir de l’information, de résoudre les conflits, de percevoir le monde. Pas de bonne ou de mauvaise réponse, pas de vérité unique. L’idée, c’est de comprendre comment on fonctionne pour trouver l’environnement de travail et le métier qui nous correspondent.

[Le MBTI] est un modèle qui ne juge pas, qui ne classe pas, qui décrit la personnalité de façon dynamique et détaillée , avec un langage simple permettant de donner un nom à des phénomènes insaisissables. Il permet de comprendre les différences afin d’en tirer parti, et donc d’accepter l’autre, non plus « malgré » mais « pour » ses différences. C’est aussi pour moi, un modèle de tolérance. (source : 16-types.fr)

On peut passer ce test lors d’un bilan ou le faire en entreprise, quand on a des managers et des dirigeants éclairés qui souhaitent mieux comprendre leurs équipes pour s’appuyer sur les points forts de chacun-e. En lisant les catégories du MBTI, avant même de faire le test, j’aurais pu dire dans quelle catégorie j’allais me retrouver (je me connais un peu quand même)… Conclusion : j’ai le sentiment introverti et l’intuition extravertie. (Ok, et maintenant on fait quoi ?).

Sérieusement, ce que j’ai appris, c’est vraiment à mettre au même niveau les modes de perception de la réalité, à accepter que chaque tempérament offre des avantages et des inconvénients en situation professionnelle. Certes, on ne peut pas nier que dans notre pays, dans la plupart des entreprises, il vaut mieux être incisif, extraverti et ambitieux pour réussir… MAIS PAS QUE (comme le dit l’expression légèrement sur-usitée du moment).

L’important, c’est de créer notre définition de la réussite. Après tout, on a déjà créé notre définition du bonheur en fondant une famille et en faisant des choix pour cette famille (et c’est pas faute d’avoir entendu tout et son contraire, les avis des uns et les comparaisons avec les choix des autres)… ou cette non famille d’ailleurs, alors pourquoi n’y parviendrions-nous pas pour le boulot ?

Puis il y a eu un second test. Un test où en gros, on te demande ce que tu aimes faire. Travailler en intérieur ou en extérieur, te déplacer ou être sédentaire, gérer telle type de tâches ou telle autre, participer à l’activité d’un zoo en t’occupant des animaux ou en récoltant des fonds, etc. Je ne me souviens plus de toutes les questions mais j’image que vous avez saisi l’idée. A partir de mises en situation rapides ou de questions simples, on voit vers quelle type de missions vous préférez vous tourner. Il s’agit d’un inventaire des intérêts professionnels.

Le résultat peut s’illustrer sous la forme d’un graphique, qui constitue un « profil », au regard des 6 dimensions du modèle RIASEC (Réaliste, Investigateur, Artiste, Social, Entreprenant, Conventionnel). Les variantes de ces dimensions se déclinent en 12 facteurs évalués. Selon les facteurs dominants du profil, on vous propose des pistes de métiers où les compétences correspondantes seront mises en œuvre.

Par exemple, moi, j’ai un score très faible sur le volet « Réaliste », qui consiste en ça :

inventaire des intérêts professionnels - dimension réaliste

Par contre, d’après ce test, j’avais un profil plutôt entreprenant… ce qui me permettait de répondre affirmativement à la 4e question de mes objectifs. Très enthousiasmant !

Pourquoi je vous raconte ma vie comme ça ?

Parce que j’ai envie que vous me croyez, quand je dis qu’à chaque personnalité et à chaque attrait personnel, peuvent correspondre de « véritables » métiers, des activités reconnues et génératrices de revenus (même si elles ne sont pas toutes fichées par les sites d’orientation !).

Alors oui, parfois, après un certain nombre d’années de travail (ou d’études), on ne voit plus très bien ce que l’on aime faire ni ce dans quoi on possède un réel savoir-faire – et surtout on s’interdit de considérer cet attrait comme professionnellement viable parce qu’on nous a souvent martelé d’arrêter de « rêver » ou de « perdre son temps » avec telle activité, « c’est pas ça qui te donnera un métier » n’est-ce pas !!!

Bonjour le travail de sape organisée…

D’ailleurs, je vais déborder de ma thématique « femmes » et entamer un plaidoyer plus large sur la façon dont on aide les gens à trouver leur place professionnellement et dont les entreprises gèrent leurs ressources (humaines).

Je trouve que typiquement, c’est ce type de test-là qu’il faudrait faire passer aux lycéens par exemple. Plutôt que de les envoyer voir un conseiller d’orientation à la mords moi le noeud qui, bien souvent (en tous cas à mon époque et pour ceux que j’ai croisés), va te sortir la liste des 10 ou 20 métiers standards (et surtout « socialement reconnus/valorisés ») ou qui, si tu as le malheur de lui parler d’un métier artistique, va te répondre que « Ouh la la, ça n’est pas un vrai métier » / « vous n’y arriverez pas, la sélection est trop rude » (et alors, pourquoi je ne ferais pas partie de ladite sélection ?? n’est-ce pas l’occasion d’encourager un élève à se lancer vraiment dans une chose pour laquelle il aura (enfin) envie de se dépasser ?!) / « arrêtez de regarder la télé et redescendez sur terre« …

Est-ce qu’on ne pourrait pas encourager un minimum les gens dans leurs envies ? Les questionner intelligemment sur ce qui les attire plutôt que de les casser d’emblée avec des affirmations se voulant réalistes mais qui ne laissent finalement aucune place à l’initiative. On se retrouve coincé bien tôt dans une image de nous-mêmes étriquée et définitive, qui ne pousse absolument pas à croire en nos capacités et à nous dépasser (chose que l’on s’empressera par contre de nous demander une fois en poste ou lorsque l’on deviendra parent, au hasard…).

Ca me rappelle cette BD des ateliers Fäber et Mazlish d’ailleurs, sur la thématique de « favoriser l’autonomie » de l’enfant (oui, commençons tôt !) :

favoriser l'autonomie - ateliers faber et mazlish

Regardez la 3e saynette en particulier : j’ai tendance à penser que lorsque le parent répond à son enfant comme dans la dernière case, il lui laisse la place pour réfléchir plus avant à son idée, l’investiguer de lui-même et après informations, se décider à fournir les efforts nécessaires dans les matières requises pour son projet !

***

J’ai parlé d’estime, de confiance en soi et d’épanouissement professionnel.

Il est vrai que même lorsque l’on a trouvé ce qui nous botte, ce qui nous donne envie de nous lever le matin et pourrait presque être effectué sans avoir l’impression de « travailler », il faut encore se former/se mettre à niveau et trouver la structure dans laquelle exercer.

Là-dessus, je n’ai pas de formule magique. Moi-même, je ne peux pas encore affirmer (mais qui le peut vraiment ?!) que ma nouvelle activité me permettra de subvenir aux besoins de la famille à long terme. Je m’emploie à en faire un véritable gagne-pain mais cela demande du temps et de la persévérance.

Mais j’ai la sensation que lorsque l’on croit à nouveau en soi et que l’on aime ce que l’on fait, tout redevient possible.

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8 réflexions sur “Les femmes au travail : estime de soi et épanouissement [mon témoignage 2/2]”

  1. Un diplome de médecin & s’arrêter de travailler en expatriation.
    C’est le choix que j’ai fait…
    Un sacrifice aux yeux de beaucoup…
    Une chance inouie à mes yeux d’avoir été présente pour ma fille durant 3 ans.
    Je redoutais le retour en France avec ma fille qui entrait en maternelle, ms surtout mon fils né qq semaines auparavant…
    Finalement tout a trainé (administration, bureaucratie…).
    Il vient d’avoir 8 mois & je devrais pouvoir retravailler très prochainement.
    J’ai finalement été chanceuse ds mon malheur (je pensais reprendre plus tôt) & je suis heureuse d’être restée auprès de lui.
    Pour ma part, tout a été bousculé à la naissance de ma fille. Très vite, je me suis interrogée sur mon avenir en tant que mère, mais aussi en tant que femme. Trouver un équilibre pour être disponible & présente pour ces enfants que je souhaite élever…
    Un compromis…. un 80%, un salaire moindre, des horaires convenables…

    • C’est vrai que d’une certaine façon, si le choix initial a pu choquer, l’expat a sûrement permis qu’on te lâche un peu la grappe et de pouvoir profiter de ta fille sans avoir à te « justifier ». D’ailleurs, j’ignore si tu aurais eu la possibilité de travailler avec ton diplôme français en Inde ? (à part en ONG j’imagine)
      Eh oui, la remise en perspective des choses à l’arrivée de l’enfant (ou quelques mois avant), c’est fréquent. Si au tout début de ma grossesse j’y croyais encore, finalement, entre l’entreprise que je venais d’intégrer et qui m’a fait déchanter + mon ressenti, avant de partir en congé mat, j’avais déjà remisé au placard mes ambitions de carrière… et j’ai négocié un 80% pour la reprise ! De toutes façons, sachant que j’étais la + proche pour aller récupérer les enfants à la crèche, je n’aurais jamais pu « faire des heures » le soir et ça, ça tue toute velléité de carrière en France. Mais peu importe, ce sont juste des temps qui s’aménagent différemment et rien n’est figé.
      Du moment qu’on a ENVIE de travailler et un métier qui nous plaît, on s’y replonge un jour ou l’autre.
      J’espère que ta reprise te plaira 🙂

  2. Très bon post qui fait écho. J’ai osé une reconversion pro (tiens tiens) un peu avant la naissance de mon premier enfant, bousculant le critère « image » à tenir dans la société. Dans la foulée mon homme a lâché un job bien payé pour se lancer à son compte (il a démissionné juste avant la naissance de Petit bonheur). Ce n’est pas rose tous les jours, ni même facile, mais par contre on est heureux d’être acteurs de nos vies.

    • Je me dis exactement la même chose. Je ne suis pas sûre de vivre facilement de ma nouvelle activité mais purée, cette LIBERTE que je ressens, j’ai envie de dire qu’elle n’a pas de prix ! (enfin, tant qu’on a de quoi manger et un toit, ça va sans dire…) Heureusement que le boulot de Mr est stable a priori, c’est un confort aussi. Je guette mais lui ne semble pas pris de désir de tout chambouler pour l’instant !
      Et puis je suis heureuse de l’image que l’on donne à nos enfants : « ose changer pour te conformer à tes désirs, pour être en accord avec toi-même !! »

  3. Ca donne envie de les faire ces tests pour se découvrir un peu plus et mieux s’orienter dans la vie en général même si pas d’envie particulière de changement de vie ! Merci de cet article !

    • Les tests sont orientés « vie pro » mais je trouve qu’ils en disent beaucoup sur nous de façon générale (on est pas si différents au boulot et en dehors finalement), en effet.
      Heureusement que des gens trouvent leur voie plus vite que d’autres. Bonne continuation et merci pour ton mot 🙂

    • C’est vrai. En même temps, la théorie (et les illustrations) commencent à dater. Il faudrait proposer à quelqu’un de remettre les illustrations au goût du jour – enfin le « goût du jour » n’a pas encore atteint tous les foyers, cela dit…

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