Quel cocon pour 5 ?

Je raccroche ma réflexion au verbe de la semaine d’Agoaye :

cette semaine je discute - semaine 9 agoaye

Cette semaine, je discute déménagement et nouvelle maison.

En réalité, nous en discutons depuis près de 2 mois et cette semaine, lundi soir pour être précise, nous avons finalement tranché.

***

Au départ, il n’était pas question de déménager tout de suite. Un nouveau-né, ça ne prend pas tellement de place, ça n’a pas encore réellement besoin d’une chambre dédiée. Chez nous, il dort dans notre chambre les premiers mois et par la suite, même s’il rejoint une chambre propre, il n’a pas besoin d’un espace particulier en-dehors de celui de son lit. En journée, il est près de nous et a son petit coin jeux et éveil dans le salon.

Ainsi, si M. Sioux estimait plus pertinent, à terme, de regrouper les deux grands dans la même chambre, j’étais beaucoup plus sceptique. D’une part, ce serait une perte d’espace de jeux de donner une chambre entière à la petite squaw tout de suite, d’autre part les deux grands ont des rythmes et tempéraments très différents : j’imaginais l’heure du coucher avec une certaine frayeur ! Mon grand qui s’endort directement, dans le silence et dans le noir. Sa sœur qui a besoin de chanter, jouer, tourner, nous rappeler, lire un livre la lumière allumée quelques minutes ou une demi-heure… Je voyais mal comment cela allait être conciliable et nous en avions déjà fait le constat lorsqu’ils avaient dû dormir ensemble en vacances (le grand hurlait sur sa sœur au bout de 5 minutes, elle l’ignorait et s’échinait à chanter de plus belle en tapant dans le mur… AM-BIAN-CE !).

J’en ai conclu que le plus pertinent serait de mettre la mini squaw dans la chambre du grand, qui s’endort vite, sait être discret et respectueux du sommeil des autres quand il le faut. Il a également la chambre la plus spacieuse, que nous avons optimisée début décembre avec l’achat d’un lit mezzanine. L’Iroquoise était un peu vexée : elle voulait le bébé dans sa chambre ! Mais bon, nous aurions le temps de tester le moment venu, de toutes façons.

Dans l’idéal, nous avions décidé de chercher une nouvelle maison, avec a minima une chambre de plus et un (beaucoup) plus grand terrain dans 2 ou 3 ans. Nous pouvions encore raisonnablement vivre dans celle-ci un petit moment… à condition de penser optimisation au quotidien et de ne pas laisser trop de choses s’entasser.

La maison qui fait rêver

Et puis début janvier, nous avons eu l’opportunité de visiter une maison dont nous avions entendu parler par hasard fin novembre, sans que nous soyons en recherche active. Une connaissance la mettait en vente et avant même de voir les photos, la description qu’il en faisait avait immédiatement allumé une forte étincelle d’intérêt dans mes yeux. De la vieille pierre (enfin de la terre plus précisément, les vieilles constructions d’ici, en pisé), des poutres et du bois partout. Un immense jardin atypique, s’achevant par une grande étendue sauvage entourée d’arbres façon clairière. Plusieurs niveaux, un dernier étage à aménager, des recoins, de belles pièces, du cachet, une âme.

Dès la première visite, j’ai eu le coup de cœur pour cette ambiance SI cosy, dans laquelle je nous imaginais SI bien tous les cinq. Et puis ce terrain ! Je percevais clairement mes deux grands jouant les aventuriers dans ce jardin non policé, fourmillant de recoins , d’arbustes, de pierres, de dénivelés, de chemins ! Et encore, nous étions en janvier sous la neige : qu’est-ce que ça devait en être au printemps ou en été !! La nature brute à portée de main, un terrain de jeux non conventionnel et stimulant, où je pourrais sortir faire une promenade avec mon bébé en écharpe, sans avoir à gérer la logistique de préparer 3 enfants pour quitter notre maison.

A l’intérieur, il y avait tout de même quelques aménagements à prévoir : concrètement, disposer de la chambre qui nous manque allait nécessiter d’aménager la pièce sous les combles, en perçant une fenêtre, créant une pièce d’eau, etc. Il y avait la cuisine à agrandir un peu, une petite salle de bain inutile à casser… et puis toutes les huisseries à changer (on en était pas au double vitrage malheureusement et il s’agissait de loin du plus gros poste de dépenses, même s’il pouvait attendre un peu). Mais au moins, il y avait des projets !!

Et puis nous avons réfléchi, calculé, planifié, estimé… autant financièrement qu’humainement. Il y avait des solutions, les travaux pouvaient aisément être échelonnés mais… cela représentait tout de même de sacrées sommes, en sus du prix de la maison (et de ces p*tains de frais de notaire qui peuvent vite freiner toute envie d’achat). En sus également des frais courants qui allaient augmenter proportionnellement à la superficie de la bâtisse (chauffage, impôts locaux…).

Et puis encore, cela supposait de vendre notre maison sans tarder (et pour cela, d’y fignoler quelques détails qui attendent depuis 2009…) avant de tout emballer et de déménager, un nouveau-né sous le bras.

C’aurait pu être faisable mais le timing était vraiment risqué, financièrement et en termes d’énergie humaine disponible. Alors lundi, après nos dernières discussions sur le sujet et nos derniers calculs, nous avons choisi d’être raisonnables. Nous avons dit non.

Je ne cesse de repenser à ce terrain sauvage, à 700m de chez nous. A cette maison qui nous aurait permis de gagner en espace sans nous isoler davantage dans les terres (et sans s’éloigner davantage de Lyon, le rêve pour les temps de trajet quotidiens), en laissant les enfants dans la même école, en gardant le même réseau autour de nous…

Mais je pense aussi que nous aurions pu y laisser des plumes, de l’épuisement, de la sérénité. Je suis fière de notre décision, d’une certaine façon. Même si je peine à croire qu’une telle opportunité se présentera à nouveau.

Rester… en mieux !

Si nous vivons dans une maison quasiment neuve (elle a tout de même plus de 7 ans maintenant), je réalise que les projets n’y manquent pas pour autant. D’abord parce qu’il y a ces menus détails que nous n’avons jamais achevés (coller des plinthes dans l’entrée et sur 2 murs dans une salle de bain par exemple, ce que nous faisons enfin en ayant cru partir bientôt, lazurer les escaliers en bois brut, …), ensuite parce qu’une maison, ça vit. Et que les réaménagements sont régulièrement nécessaires lorsque les enfants grandissent – nous nous félicitons encore d’avoir réussi à enlever les 3/4 des jeux qui envahissaient le « salon » et à lui redonner sa fonction première.

Il y a quelques mois, j’avais commencé un désencombrement dans ma penderie. J’ai très envie de le poursuivre dans les autres pièces, notamment la cuisine. Elle est fonctionnelle et pleine de rangement mais qu’est-ce qu’on entasse dans ses (trop) nombreux placards et tiroirs du coup !

J’aimerais profiter de mon congé maternité puis parental pour redécorer le bureau/chambre d’amis (ce qui passera pas un léger rangement de mon meuble de bureau, totalement envahi) et en faire un espace encore mieux pensé et plus neutre, plus clair.

Et puis les jeux des enfants… C’est vrai qu’un déménagement aurait permis de faire du tri mais il n’est jamais trop tôt pour s’y mettre. Moins on en a, mieux on voit ce que l’on peut utiliser et plus on s’en sert.

Bref, il y a encore de nombreuses pistes et possibilités. Exploitons-les à fond avant de tout quitter. Et puis, last but not least…

Cela signifie que la mini squaw fera ses premiers pas dans la même maison que ses aînés. Eh oui, je trouve ça chou 🙂

 

Partage les signaux de fumée avec tes amis

6 Replies to “Quel cocon pour 5 ?”

  1. wahou je t’admire de voir les choses de cette façon, franchement bravo ! ta puce aura une super maison et toi des supers repères, ils sera toujours temps de changer par la suite 😉

    • Voilà, quelque chose de plus abouti nous attend sûrement ailleurs dans quelques temps.
      Et puis ça donne aussi de petits défis pour optimiser ce que l’on a déjà et… rien ne vaut les défis 😉

    • Quand je pense à l’énergie folle que le projet aurait demandé, ça m’aide beaucoup à relativiser. Et même si j’ai plein de rêves, je suis aussi de plus en plus consciente de notre chance.
      Merci !!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*