Quels parents pour le 3e enfant ? {26 SA}

Quand je suis tombée enceinte de l’Iroquoise, mon fils avait 14 mois. Encore tout-petit et en plein apprentissage de nombreuses choses (on apprend toute sa vie, je sais), curieux et volontaire sur le chemin de l’autonomie. Cet écart d’âge était voulu et malgré tout, pendant cette grossesse, je me suis régulièrement sentie un peu découragée à la perspective de devoir « tout recommencer » bientôt. Toutes les étapes par lesquelles nous venions de passer : sommeil nocturne bien sûr mais aussi éveil, tapissage généralisé apprentissage du repas, des déplacements, des dangers et interdictions… Bien sûr, nous ne sommes pas le coach ou l’instituteur de notre enfant, cochant ou évaluant ses acquisitions chaque jour, et tout ceci se fond en réalité dans la vie quotidienne, les jours pris les uns après les autres, les séances de guilis et de rigolades, l’envie instinctive de leur communiquer une foule de choses et d’être présent pour eux, chaque jour.

D’ailleurs, une fois que ma fille est née, je suis vite revenue dans l’instant présent – presque tout le temps, en tous cas. Je l’ai découverte, écoutée, câlinée. J’ai suivi son rythme et appris à la comprendre, j’ai été épuisée, je me suis émerveillée… sans plus voir le quotidien comme une potentielle ennuyeuse répétition du passé. Parce qu’évidemment, chaque enfant est éminemment unique, s’adresse à notre « nous » intérieur différemment, chacun nous emmène sur une route faite de jalons à peu près connus mais aussi de découvertes aussi inévitables que nécessaires, chacun progresse enfin dans le contexte spécifique de sa naissance et de la composition familiale qu’il trouve.

Alors l’autre matin, dans ce contexte de grande fatigue, de non-patience et de contrainte au rythme de la vie, je me demandais : quels parents serons-nous pour ce 3e enfant ? Quand je me replonge dans mes angoisses de jeune mère, un peu livrée à elle-même et incomprise (sauf par mon chéri, qui vivait la même chose… mais un peu moins longtemps dans la journée) avec son épuisant BABI et son souci de ne jamais laisser son enfant se sentir triste (la quête impossible) ou abandonné (la projection), je vois sans difficulté le cheminement accompli. Je vois que nous sommes toujours à leur écoute, sincères dans notre volonté de les accompagner avec la bienveillance que nous nous efforçons de mettre en œuvre – et nos capacités du moment – chaque jour. Je vois que nous avons grandement gagné en confiance, autant dans nos choix que dans la pertinence de nos analyses des situations rencontrées. Je sais aussi que chaque enfant parvient tout de même à nous déstabiliser sur certains points et qu’il ne faut pas penser qu’on ne connaîtra pas « pire » (je pense au sommeil là, of course…) ou que l’on n’a tout vu. Je suis ouverte à ce connu-inconnu et avide de notre future rencontre.

Mais je me demande aussi comment nous serons impactés par la fatigue des nuits, comment nous parviendrons à ne pas demander trop à nos aînés d’être compréhensifs pour compenser l’épuisement ou la priorité au bébé – car même s’ils ne nous écoutent pas, la demande reste posée et pesante. Je me demande dans quel état nous finirons l’année scolaire, avec les contingences d’une petite fille de quelques mois, couplées à l’épuisement général, alors que je vois déjà le degré d’irritabilité familiale les jours qui ont précédé les vacances de Noël.

Je me demande si nous saurons régulièrement prendre le recul nécessaire pour ré-accorder à nos aînés le droit d’être excessifs également parfois et d’avoir besoin d’une attention exclusive (j’ai cette crainte car je me rappelle l’accueil un peu douloureux de ma deuz quand il s’agissait de prioriser les besoins de ces deux tout-petits, dont l’un que je percevais évidemment beaucoup plus autonome que l’autre). Je me souviens que notre patience nocturne était déjà beaucoup moindre (ce qui ne nous a pas empêchés de l’accompagner pendant près de 3 ans -_-) avec l’Iroquoise alors je me demande comment nous vivrons ces moments avec notre 3e enfant. Je me demande si ma première sortie dans un magasin seule avec 3 enfants sera aussi catastrophique qu’avec ma deuz. Mais avoir des aînés vraiment plus grands devrait avoir au moins l’avantage de rendre les échanges et la gestion plus aisés… J’imagine mon grand encore plus responsabilisé qu’aujourd’hui (il faudra lui rappeler de se détendre) et ma deuz très crampon, recherchant le contact encore plus fort que d’habitude.

Mais… nous verrons.

Ces questions ne gâchent pas mes nuits (rien ne les gâche d’ailleurs, tant qu’on ne me réveille pas : elles sont trop précieuses !) mais elles m’apparaissent parfois au point d’avoir envie de les poser : pour me souvenir et pour me délester.

Je me dis qu’à la lecture, ma perception de l’agrandissement familial semble peut-être un peu négative mais disons que tout le positif, je m’en souviens très bien et ça… ça ne me questionne pas 🙂 C’est la beauté de l’évidence et j’ai hâte de la revivre !

3e enfant 26 sa

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