Sevrage et éloignement

L’Iroquoise a 18 mois et demi.

Début décembre, l’Iroquoise en était à 2 ou 3 tétées par jour. Celle du matin au réveil, indéfectible. Qui permettait d’ailleurs de lui faire (parfois) admettre de repiquer 1h derrière (7h au lieu de 5h30/6h, c’est toujours moins violent – pour nous). Puis la tétée des retrouvailles à la crèche, qui me semblait clairement indéboulonnable.

Et la tétée du soir, intermittente. Depuis que nous l’avions dissociée du rituel du coucher, elle ne l’a réclamait plus forcément après le repas. C’était moi qui la lui proposait parfois, plus par crainte qu’elle en ressente le manque au coucher et que ça complique tout.

En décembre, j’ai eu envie d’aller enfin découvrir le nouvel appart de ma soeur (qui habite loin loin de chez moi) et d’aller lui rendre visite, seule. Nous avons planifié ça pendant les vacances de février.

Je me suis immédiatement dit : c’est l’occasion, le voici mon objectif pour le sevrage, l’opportunité d’avancer sur ce chemin, toujours en douceur.

Je n’ai jamais eu envie d’aller jusqu’au sevrage naturel (à 2 ans, 3 ans voire plus) mais je je ne voulais pas la brusquer non plus, lui retirer ça « sans raison ». Parce que d’un autre côté, ça me convenait encore, finalement. A cet âge-là, l’allaitement, c’est devenu épisodique, souvent au sein du foyer, pas trop « contraignant » quoi. Je pouvais même boire un verre d’alcool le soir après le coucher, puisqu’il n’y avait plus de tétée (à ne pas confondre avec les réveils !) nocturne.

Mais dans ce contexte, ce qui m’a décidée, c’est de me dire que ça risquait d’être dur pour elle de passer de 2 tétées par jour à 0 tétée par jour pendant 4 jours – sans parler de la « séparation » elle-même, durant mon absence. J’avais aussi peur de devoir gérer des engorgements qui ne risquaient pas de se solutionner aisément, dans mon coin.

Pendant les vacances de Noël, je me suis donc attachée à refuser gentiment les tétées de jour, à détourner son attention, proposer de l’eau, essayer de comprendre ce qu’elle réclamait finalement dans ces moments-là : boire, un câlin, un moment d’attention toutes les 2, sommeil…

Ça s’est bien passé. Ne restait que la tétée du matin, pas le plus préoccupant. Je me disais qu’au pire, s’il n’en restait qu’une, elle la remplacerait par un biberon avec son père et que mes seins devraient le supporter. D’ailleurs, en parlant d’eux, on peut dire que la diminution des tétées n’est pas passée inaperçue : ma poitrine, déjà fort réduite par les grossesses, en a bien pris un coup – le soutif est vraiment de l’ordre de l’accessoire maintenant !

sevrage et éloignement

Allaitement + 13 mois

A la reprise de janvier, ne restait qu’une question: comment couper court à la tétée des retrouvailles de façon à ce que ça se passe bien ?

Une fois encore, je peux dire que mes enfants me surprendront toujours. On ne peut pas dire que le comportement de l’Iroquoise lors des retrouvailles était équivoque jusque là  (en me voyant arriver, elle souriait, se levait, se jetait sur moi et tirait sur mes habits avec impatience) mais finalement, ça n’a pas eu l’air de la priver de quoi que ce soit.

Le lundi soir, je suis arrivée avec un biberon d’eau de la maison. Quand elle a commencé à tirer sur mes habits, je lui ai rappelé qu’elle n’en avait plus besoin, lui ai tendu le biberon à la place si elle avait soif. Elle l’a repoussé d’une main et m’a désigné un poupon non loin de là. Elle l’a attrapé, me l’a montré puis est partie jouer avec, en quête d’une poussette où le mettre.

Et c’est tout !

Le lendemain, pas de nouvelle tentative : mais par contre, je peux à présent me brosser pour avoir le même câlin et « jeter dans les bras » à mon arrivée ! Elle me sourit, quitte son activité, se dirige vers mois puis bifurque au dernier moment et repart jouer à l’autre bout de la pièce. Héhé…

***

Et il y a quelques jours, on a sauté une tétée du matin ! Papa l’a descendue directement au petit-déjeuner, la case tétée n’a pas eu l’air de lui manquer. Nous en sommes actuellement à une tétée du matin un jour sur deux, suivant l’organisation du moment.

Ca se fait vraiment tranquillement, tout doucement avec l’Iroquoise, petite étape par petite étape…

***

Concrètement, mon angoisse du moment, c’est la séparation de 4 jours. Nous n’avons jamais été séparées que 24h maxi (avec une nuit donc). Quand je vois combien elle me réclame parfois, même lorsque son père vient la voir la nuit ou comme elle est collée à moi lorsqu’elle est malade (je viens de l’avoir greffée dans les bras ou le sling pendant 3 jours, en mode koala… j’ai même des courbatures dans les bras !), je me demande ce qui va se passer.

Et puis clairement, ne plus voir sa petite bouille craquante, son sourire coquin, ses joues moelleuses et douces, ses postures de clown…. raaaaah, spa gagné.

J’espère parvenir à savourer ces 4 jours de « liberté ». Parce qu’en temps normal, on en rêve souvent, hein ?!

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9 réflexions sur “Sevrage et éloignement”

  1. Coucou, je n’allaite plus Gabrielle depuis ses 4 mois. Mais moi aussi j’angoisse beaucoup de me séparer d’elle. Je me sens comme toi irremplaçable quand elle se fait mal, quand elle est malade ou très fatiguée. Heureusement chez nous, c’est son papa qui gère les réveils ou les problèmes de nuit. Et pour moi aussi, elle est irremplaçable. Comment s’imaginer ne pas être dans son entourage proche pendant quelques jours… je n’ai pas réussi encore à passer le pas de planifier un petit voyage sans elle, mais je devrais, car comme tu le dis si bien, je pense qu’on en rêve toutes et surtout qu’on en a bien besoin. Alors profite profite surtout.

    • Généralement, une fois que je suis loin de mes enfants, j’arrive à vivre l’instant présent et ça fait du bien. Mais quand même, QUATRE jours, j’ai des craintes… Et puis j’ai cette peur irraisonnée que ma fille ne comprenne pas pourquoi je suis absente si longtemps, quand elle va me revoir… ah la la !
      En tous cas, je te le dis, attends d’être prête sinon, tu ne savoures pas du tout (j’ai fait l’expérience). 🙂

  2. Je comprends parfaitement ton angoisse. La première fois qu’on a laissé Eliot il avait le même âge que ta puce, on partait 3 jours (notre mini lune de miel après notre mariage). J’appréhendais énormément. Au final tout c’est très bien passé, il n’a réclamé après moi qu’une fois le premier soir. Souvent nos enfants nous étonnent et on se rend compte qu’on s’inquiète beaucoup pour pas grand chose ^^

    • J’espère que ça sera pareil !
      Nous aussi ça s’est toujours bien passé mais là, ça me paraît long ! (surtout pur moi en fait… sans câlin et sans sa petite bouille d’amour espiègle et craquante ! ;-))

  3. Merci pour ce partage d’expérience !
    Ici, notre p’tite Malice a 15 eu mois et tète aussi 2 à 3 fois par 24h, dont une tétée-câlin indéboulonnable vers 4h du matin…Celle du soir, juste avant le coucher, me semble moins indispensable pour elle… elle sait qu’à ce moment là sa soeur n’est pas loin dans l’autre chambre avec le papa et a vite fait de vouloir descendre de mes genoux et courir les rejoindre ! Je vais prendre ton idée de dissocier la tétée du soir du moment du coucher, car je pense que ça peut être bénéfique qu’elle commence à dissocier ces 2 moments.
    Ici, le matin, je pars travailler alors qu’elle dort encore (8h30!!) et la tétée du réveil n’est plus indispensable depuis longtemps ! C’est fou, quand je pense qu’elle a quasiment tété toutes les 3h (y compris la nuit) jusqu’à quasiment 1 an !! Maintenant, l’allaitement me semble vraiment plus « souple » et j’espère en profiter encore quelques semaines/mois avant qu’elle s’en passe définitivement. J’imagine la sevrer très progressivement d’ici pour cet été…mais je dois bien reconnaître qu’au final, je ferai en fonction d’elle et de ses besoins car comme tu dis : nos enfants nous étonnerons toujours !

  4. On a laissé les filles 4 jours quand Violette avait 2 ans, elle était encore allaitée mais c’était « souple » aussi. J’avais passé pas mal de temps à expliquer notre absence et l’absence des tétées pendant le séjour chez les grands-parents, et ça c’est très bien passé. Ce qui a été drôle, c’est que qd on est allé les chercher, Violette n’a pas du tout cherché à téter et j’ai cru que mon absence l’avait conduite à un sevrage. En fait elle pensait que ce n’était pas possible d’avoir une tétée chez ses grands parents, et elle a réclamé à la seconde où on est rentré à la maison 😉

  5. Pingback : Je dois être héroïque | Madame Sioux

  6. Je pense sérieusement au sevrage mais ma Juliette a tendance à prendre le « doudou » dès qu’elle ait contrarié ou tombe … je suis réellement son doudou et même la nuit pour se rendormir d’où les 4 réveils nocturnes à 19 mois
    Depuis mardi, je tente déjà la fin du cododo et après je vais me lancer dans le sevrage mais mon appréhension m’empêche de lui dire non quand elle réclame, je ne suis pas sortie de l’auberge ..;

    • Je vois tout à fait ce que tu veux dire, moi aussi j’appréhendais beaucoup sa réaction et du coup, je craignais d’entretenir son besoin… la peur du cercle vicieux.
      Au final, la nuit, on a « remplacé » par un biberon d’eau. Du coup, ça pouvait être le papa qui se levait et ça avait moins d’attrait que le sein. Les premières nuits sont toujours un peu difficiles dans ces conditions mais ça se fait si l’enfant sent que pour nous, ça n’est plus négociable (tout en restant là pour lui expliquer en 1 phrase qu’on est là pour lui s’il a un problème et qu’il pourra téter le matin).
      Désolée pour ma réponse fort tardive, j’espère que vous avez pu avancer comme tu le souhaitais.

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