Turbulences émotionnelles

Depuis qu’il est en capacité de le formuler (linguistiquement parlant, surtout), Pti Tonique a toujours réclamé ses grands parents, avec plus ou moins de force et de clarté.

Au début, j’ai trouvé cela particulièrement touchant. J’étais fière de voir qu’il construisait une relation aussi forte, affectueuse et régulière avec eux.

(J’utilise le passé mais je continue de trouver cela très positif hein, ne vous méprenez pas)

Parfois, c’est une réclamation ponctuelle, dans un moment particulier où il se rappelle avoir fait quelque chose avec eux et cela fait naître l’envie de les revoir. D’autres fois – le cas le plus fréquent actuellement -, il réclame ses grands-parents avec énormément d’insistance, de répétition (sur la journée mais aussi sur la semaine), particulièrement dans les moments de frustration ou d’ennui. Durant ces périodes-là, lorsqu’on ne répond pas à ses désirs, au lieu de se contenter de manifester son mécontentement, il déclare qu’il veut voir Mamie C. ou Mamie M. puis passe rapidement en mode lamentation sur le même thème. Il lui arrive aussi de varier en réclamant aussi Papi, Tonton T, Marraine et qui vous voulez au sein de la famille.

Le fait est que l’on habite à 2h des grands-parents les plus proches.

Ces dernières semaines, il y a eu une période vraiment difficile pour lui – et un peu pour nous, ne nous voilons pas la face  – où il réclamait l’une de ses grands-mères en boucle, du lever au coucher, du lundi au dimanche, dès qu’il y pensait, dès qu’il était fatigué, frustré, énervé, désoeuvré… presque tout le temps, donc.

Nous mettons en pratique l’écoute, la reformulation et la validation des sentiments mais ce n’est pas pour autant qu’il cesse de les exprimer – ce qu’on voudrait bien pourtant, par moments, parce qu’on est pas fans du mode « repeat », surtout à certains moments un peu « touchy » de la journée, genre 18h30/19h…

Et puis surtout, je pense qu’il y avait bien un message à comprendre, plus qu’un désir à entendre. Je crois que plus que Mamie C. (même s’il a effectivement grand plaisir à la voir, ne prenez pas la mouche belle-maman hein !!), c’est de l’attention qu’il réclamait, de la disponibilité psychique de notre part.

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De mon côté, depuis novembre, où le rythme des formations s’est intensifié, le « travail à la maison » et les actions à mettre en oeuvre aussi, je sais que mon comportement à la maison a évolué.

Plus que jamais, j’avais hâte que l’heure du coucher arrive. Dès 18h15, passée la joie de retrouver mes petits bouts à la crèche, je n’avais de cesse de ressasser les choses sur lesquelles je souhaitais avancer et de planifier le travail de ma soirée. Mentalement, je n’étais clairement pas très disponible. Comme je savais que je n’aurai pas l’énergie de bosser bien longtemps, j’avais d’autant plus hâte de m’y mettre.

Et je me suis demandée quelques fois si mes enfants ressentaient cette légère déconnexion de ma part.

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Nous avons fini par aller passer un week-end chez Mamie C. Au retour, nous avions l’espoir que notre fils soit rassasié et ne recommence pas à la réclamer avant 1 semaine ou 2. Que nenni ! Il a recommencé le soir-même et les jours suivants.

Je ne saurais pas dire quand est-ce que ça a cessé.

turbulences émotionnelles

L’approche de Noël, le fait de savoir qu’il pourrait bientôt profiter longuement de tous ses grands-parents, oncles et tantes… ? Un changement perceptible dans ma façon d’être, une prise de conscience accrue ? Un week-end en famille suffisamment riche ?

Alors que je commençais à désespérer de trouver comment réparer ce réservoir affectif qui semblait fuir chaque jour de plus en plus vite, les réclamations ont quasiment cessé du jour au lendemain.

J’ai souvent l’impression de « suivre » (au sens de ne pas être devant), de subir les phases hautes et basses de mes enfants en matière de baisse d’énergie, de besoins affectifs. Je n’arrive pas à être clairvoyante sur le moment, je rafistole au jour le jour. C’est toujours après coup que l’illumination arrive. Ou peut-être tout simplement qu’une fois la phase down terminée, on a besoin de l’expliquer et on y colle bien vite une raison plausible pour mieux s’en retourner au quotidien et se dire qu’on fera mieux la prochaine fois.

Peut-être aussi que notre week-end à deux puis notre sortie au resto en semaine tendent à rééquilibrer la barque du respect des besoins de chacun – on allège le « fardeau » des enfants en acceptant de s’en défaire quelques jours et ils ont de plus le bonheur, dans notre cas, de savourer leurs grands-parents en tête-à-tête…

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Vendredi soir, Pti Tonique retrouvera les bras de Mamie C. et en plus, « on va rester longtemps longtemps » chez elle alors OUF, tout va bien !

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